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Libye: raids près de Tripoli, l'ONU condamne "dans les termes les plus forts"


Mercredi 15 Avril 2015 modifié le Mercredi 15 Avril 2015 - 20:47

L'aviation du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a bombardé mercredi un camp militaire contrôlé par la coalition Fajr Libya, près de Tripoli, une attaque condamnée dans "les termes les plus forts" par l'ONU alors que des pourparlers de paix reprennent au Maroc.




"Les raids menés par l'aviation du général Khalifa Haftar ont visé un camp militaire situé à Tajoura", à 10 km à l'est de la capitale, a indiqué l'agence de presse libyenne loyale au gouvernement de Tripoli, proche de Fajr Libya et non reconnu internationalement contrairement à celui d'Al-Baïda (est). Les bombardements n'ont fait aucune victime selon cette source.

Fin mars, le gouvernement reconnu a annoncé une offensive pour libérer Tripoli, tombée aux mains de Fajr Libya en août, et mène depuis des raids contre des positions de cette coalition de milices, notamment dans la région d'Al-Aziziya, non loin de la capitale.

S'exprimant lors d'un point de presse avant la reprise du dialogue entre Parlements rivaux à Skhirat, au Maroc, l'émissaire de l'ONU Bernardino Leon a dénoncé ces frappes.

"Les Nations unies condamnent dans les termes les plus forts le bombardement aérien de ce matin (...). C'est un développement extrêmement négatif", a réagi M. Leon.

"C'est non seulement inacceptable, mais nous espérons qu'il y aura une enquête pour déterminer qui est derrière", a-t-il poursuivi.

Selon le responsable onusien, il s'agit "d'une nouvel exemple de là où en est la Libye aujourd'hui". "Les Libyens sont à bout de patience, la communauté internationale aussi et j'espère vraiment que les négociateurs qui arrivent aujourd'hui (au Maroc) comprennent qu'on ne peut plus attendre", a-t-il proclamé.

Pour la troisième fois en un mois, des délégations des deux Parlements rivaux se retrouvent en effet à Skhirat, près de Rabat, pour tenter de s'entendre sur un gouvernement d'unité nationale.

Evoquant la nécessité de parvenir à un accord final, "y compris sur les noms" des membres de ce gouvernement, Bernardino Leon a exhorté les parties "à se montrer flexibles et prêtes à faire des concessions".

Si un tel accord, qui doit en outre inclure des "arrangements de sécurité", est trouvé, chaque camp "retournera auprès de son Parlement pour évaluer s'il est suffisamment bon pour être approuvé", a-t-il précisé.

"Les parties devront comprendre que c'est le maximum qu'elles pourront avoir", a insisté M. Leon.

Depuis la fin de la révolte qui a renversé en 2011 le régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est morcelée et sous la coupe de milices rivales formées surtout d'ex-rebelles.

Deux autorités s'y disputent le pouvoir: le gouvernement et le Parlement reconnus internationalement et le gouvernement et le Parlement parallèles installés à Tripoli par Fajr Libya, qui contrôle une grande partie de l'ouest libyen.

Les Etats-Unis et cinq pays européens ont appelé dimanche à un cessez-le-feu "immédiat" et "sans condition" en Libye.

L'ONU, qui a qualifié de "grand succès" une session de pourparlers venant de se tenir en Algérie, a proposé aux deux camps une feuille de route portant sur "la formation d'un Conseil présidentiel dirigé par des personnalités indépendantes, un gouvernement d'union nationale et un Parlement représentant tous les Libyens".
Mercredi 15 Avril 2015 - 20:46

Source AFP




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