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Libye: prochaines négociations envisagées sur place si la sécurité le permet


Jeudi 29 Janvier 2015 modifié le Vendredi 30 Janvier 2015 - 09:53

Les futures discussions sur l'avenir politique de la Libye pourraient se dérouler dans ce pays si les conditions de sécurité sont "suffisantes", a indiqué l'ONU à Genève, où se sont conclus jeudi deux jours de négociations.




"Il y a eu un accord sur le principe de convoquer de futures discussions en Libye, à condition que la logistique et la sécurité soient suffisantes", a indiqué la Misnul, la mission des Nations unies pour la Libye, dans un communiqué, deux jours après la mort de neuf personnes dont cinq étrangers dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique contre un hôtel du centre de Tripoli.

La Misnul a appelé tous les acteurs à se joindre aux discussions dans un "esprit ouvert et constructif".

Dans une première réaction, le Congrès général national (CGN), le Parlement sortant qui boycottait jusque-là les négociations et qui n'est pas reconnu par la communauté internationale, a réservé un accueil favorable à l'annonce de l'ONU.

"Nous annonçons que nous allons participer activement et sérieusement aux prochains rounds des négociations qui se tiendront en Libye", a affirmé le vice-président de cette chambre, Salah al-Makhzoum.

Il a plaidé pour une "participation au prochain dialogue de tous les courants politiques" car selon lui "ceux qui s’étaient rendus à Genève ne représentaient pas réellement" les parties en conflit dans le pays.

A propos des négociations, la Misnul a évoqué des "discussions franches durant lesquelles les représentants des conseils locaux ont souligné les difficultés auxquels sont confrontés leurs électeurs, dont (...) des pénuries de nourriture, de carburants, parallèlement à l'insécurité".

Reconnaissant les "blessures (...) profondes des Libyens", le patron de la Misnul, Bernardino Leon, a appelé les participants aux pourparlers à "regarder vers l'avant et à se concentrer sur la façon de travailler ensemble pour amener la paix et la sécurité en Libye".

Selon la Misnul, "les participants étaient convaincus qu'un échange de vues franc et vrai entre Libyens constituait la base de la réconciliation", et qu'il était "temps de mettre fin aux combats".


"Exécutions publiques, flagellations"

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du colonel Mouammar Kadhafi en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements - l'un proche des milices islamistes et l'autre reconnu par la communauté internationale - qui se disputent le pouvoir.

L'organisation Human Rights Watch a souligné jeudi que la situation des droits de l'Homme en Libye "s'était profondément détériorée en 2014, atteignant un plus bas depuis la fin du soulèvement" contre Kadhafi.

"De nouveaux conflits armés, combinés à un effondrement de l'autorité de l'Etat (...), ont éliminé tout semblant de loi et d'ordre dans une grande partie de la Libye", a ajouté l'ONG.

HRW a souligné que les violences avaient fait des centaines de morts et des centaines de milliers de déplacés, et "détruit des infrastructures civiles vitales, dont le principal aéroport international de Tripoli et des hôpitaux".

"Des milliers de personnes restent en détention arbitraire en dehors du contrôle du gouvernement" et "le système judiciaire a cessé de fonctionner dans des régions clés", a précisé l'ONG, en dénonçant des factions qui "commettent des crimes de guerre (...) en toute impunité".

HRW a souligné "le nombre croissant d'assassinats (...) de militants, journalistes, politiciens et membres des forces armées, qui s'assimilent à des crimes contre l'humanité". "Au moins 250" assassinats de ce type ont eu lieu entre janvier et septembre dans les seules villes de Benghazi et Derna (est), selon l'ONG, qui réclame une enquête internationale.

Des milices islamistes, dont certaines affilées au groupe Etat islamique (EI), "terrorisent les habitants", avec "des exécutions publiques, des flagellations", a encore dit l'ONG.

Le groupe Ansar Asharia a ainsi annoncé jeudi avoir établi une cour et une police islamiques dans un partie de Benghazi afin d'"appliquer la loi de Dieu".

Jeudi 29 Janvier 2015 - 22:42

AFP




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