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Libye: le gouvernement d'union réclame des avions contre l'EI


Mardi 17 Mai 2016 modifié le Mercredi 18 Mai 2016 - 08:23

Le gouvernement d'union libyen (GNA) a réclamé mardi des avions de chasse et des hélicoptères en se félicitant du soutien de la communauté internationale à un assouplissement de l'embargo sur les ventes d'armes afin de mieux lutter contre les jihadistes.




Les forces loyales au GNA ont par ailleurs annoncé avoir repris au groupe Etat islamique (EI) la localité d'Abou Grein, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Syrte, le fief de l'organisation jihadiste en Libye.

Ce soutien international est "fondamental pour la mise sur pied d'une armée forte (...) capable de lutter contre le groupe jihadiste Etat islamique et les autres groupes extrémistes", a déclaré à l'AFP le vice-Premier ministre du GNA Moussa al-Kony.

Il réagissait à la décision lundi à Vienne des grandes puissances et pays voisins de la Libye de soutenir le réarmement du gouvernement d'union, basé à Tripoli et qui tente d'asseoir son autorité dans un pays miné par les divisions et la menace jihadiste.

Pour cela, ils se sont mis d'accord pour appuyer la démarche de ce nouvel exécutif, reconnu par la communauté internationale, qui va demander à être exempté de l'embargo de l'ONU sur les ventes d'armes appliqué depuis la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

"Les institutions étatiques se sont effondrées car l'armée elle-même s'est effondrée. Notre priorité est aujourd'hui d'unifier cette institution et de la faire renaître. Mais sans armes, nous ne pouvons pas y arriver", a insisté M. Kony.

"Ce que nous voulons, c'est obtenir toutes sortes d'armes (...) mais la priorité pour nous, ce sont les avions", a-t-il poursuivi. "Nous voulons des pilotes, des hélicoptères et des avions de guerre".

Présent lundi à Vienne, le Premier ministre du GNA, Fayez al-Sarraj, a sollicité de l'aide auprès des ministres présents, qui se sont dit prêts "à répondre aux demandes du gouvernement libyen en vue d'entraîner et d'équiper la garde présidentielle et les forces autorisées".

- "Décision illégale" -

Cette réunion intervenait alors que M. Sarraj peine à affirmer son autorité, plus d'un mois et demi après son arrivée à Tripoli, et alors que l'EI a récemment étendu son influence à l'ouest de la ville de Syrte qu'elle contrôle depuis juin 2015.

Divisions politiques et vide sécuritaire ont facilité depuis 2014 l'implantation de l'EI en Libye, constituant une menace directe pour ses voisins et l'Europe.

Outre l'EI, le GNA doit également faire face à un pouvoir rival basé dans l'est du pays.

Les forces loyales à cette autorité, dirigées par le général Khalifa Haftar, ont elles critiqué la décision prise à Vienne lundi.

Ahmed al-Mesmari, le porte-parole du commandement général des Forces armées libyennes (loyales au général Haftar), a jugé "illégale" cette décision qui profite au GNA.

Cette décision "va créer le chaos, et nous nous tournerons vers des pays qui nous soutiennent pour obtenir des armes pour nous-mêmes", a-t-il dit à l'AFP.

Sur le terrain, les autorités rivales accélèrent les préparatifs pour être la première à lancer l'offensive visant à chasser l'EI de Syrte, son fief à l'est de Tripoli, au risque de mettre en péril les efforts antijihadistes.

Les forces loyales au GNA ont annoncé en soirée avoir repris Abou Grein à l'EI, ville située à à 130 kilomètres à l'ouest de Syrte et dont les jihadistes s'étaient emparés la semaine dernière.

Sur sa page Facebook, le centre de presse des forces du GNA engagées dans la lutte antijihadistes a aussi affirmé qu'elles avaient effectué une percée significative en direction de Syrte, atteignant une zone à seulement une cinquantaine de km à l'ouest de cette ville.

Source AFP
Mardi 17 Mai 2016 - 22:23





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