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Libye: la Cour suprême invalide les élections du 25 juin


Jeudi 6 Novembre 2014 modifié le Jeudi 6 Novembre 2014 - 17:55

La Cour suprême libyenne a invalidé jeudi le Parlement issu des élections du 25 juin et qui est reconnu par la communauté internationale, alors que le pays est plongé dans l'anarchie.




Libye: la Cour suprême invalide les élections du 25 juin
Cette décision complique encore davantage la situation en Libye, où la capitale Tripoli est contrôlée par une coalition de milices, Fajr Libya, et où de violents combats sont en cours à Benghazi, deuxième ville du pays.

La Cour, siégeant à Tripoli, était appelée à se prononcer sur la constitutionnalité du Parlement, après un recours déposé par un député islamiste. Dans son arrêt, elle a invalidé un amendement de la constitution ayant conduit aux élections du 25 juin et, de ce fait, annulé ce scrutin et toutes les décisions qui en ont découlé. La décision de la Cour suprême est définitive et son effet immédiat. Aucun recours n'est possible. A l'annonce de la décision, des concerts de klaxon et des tirs de joie ont résonné à Tripoli où les miliciens de Fajr Libya fêtaient leur "victoire", a constaté un photographe de l'AFP. La chambre des députés était contestée par Fajr Libya et par les puissants groupes islamistes qui ont pris Benghazi (est), la ville où devait initialement siéger le Parlement.

Dominé par les anti-islamistes, le Parlement était obligé de se réunir depuis son élection à Tobrouk, dans l'extrême est de la Libye, estimant que sa sécurité ne pouvait être assurée à Benghazi, théâtre de violences quotidiennes. Le député islamiste Abderraouf al-Manai, qui boycotte comme d'autres élus le Parlement, avait déposé un recours en arguant que le Parlement n'avait pas respecté la Constitution provisoire qui stipule qu'il doit siéger à Benghazi, à 1.000 km à l'est de Tripoli. M. Manai, ainsi que d'autres députés islamistes, accusent également le Parlement d'avoir outrepassé ses prérogatives en appelant en août à une intervention étrangère en Libye pour protéger les civils, après la prise de la capitale par "Fajr Libya", une coalition de milices. "J'espère que toutes la parties vont respecter la décision de la justice", a déclaré M. Manai à la chaîne de télévision al-Nabaa. Ces derniers jours, des parlementaires avaient formulé des craintes quant à "un possible arrêt décidé sous la menace des armes", dans la mesure où la Cour suprême siège dans la capitale contrôlée par les milices. La plupart des députés qui boycottent le Parlement soutiennent "Fajr Libya", qui a formé un gouvernement parallèle connu pour ses sympathies islamistes.

La décision de la Cour intervient alors que des violents combats se déroulent depuis plusieurs jours à Benghazi que tentent de reprendre les forces pro-gouvernementales. Ils ont fait plus de trente morts en trois jours, selon des sources médicales.

Mardi, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont réclamé à un comité du Conseil de sécurité des Nations unies d'ajouter les jihadistes d'Ansar Asharia, l'une des milices contrôlant Benghazi, à la liste noire "terroriste" de l'ONU en raison de leurs liens avec Al-Qaïda.
Jeudi 6 Novembre 2014 - 13:00

Atlasinfo avec AFP




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