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Libye: l'EI poursuit son offensive en direction des terminaux pétroliers


Mercredi 6 Janvier 2016 modifié le Mercredi 6 Janvier 2016 - 17:21

Les affrontements se poursuivaient mardi dans le nord de la Libye pour la deuxième journée consécutive entre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et les forces libyennes près des principaux terminaux pétroliers du pays




Situés dans la région du "Croissant pétrolier", sur la côte, les terminaux d'al-Sedra, de Ras Lanouf et de Brega sont les plus importants de Libye et sont donc cruciaux pour l'exportation du pétrole libyen.

L'EI avait mené lundi des attaques visant les installations pétrolières d'al-Sedra et de Ras Lanouf, entraînant des combats avec les gardes de ces sites, selon des sources de sécurité.

Le groupe extrémiste a tiré profit du chaos en Libye, après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, pour s'implanter dans le pays, et contrôle depuis juin la grande ville de Syrte, un peu plus à l'ouest du "Croissant pétrolier".

Inquiet notamment de la montée en puissance du groupe, la communauté internationale s'efforce de mettre en place un gouvernement d'union nationale, alors que deux autorités rivales --l'une basée dans l'Est et reconnue par la communauté internationale, l'autre siégeant dans la capitale Tripoli -- se disputent le pouvoir.

Un réservoir de pétrole brut a été touché mardi, pris dans l'échange de feu près d'al-Sedra entre l'EI et les gardes des installations pétrolières, a indiqué l'agence de presse loyale aux autorités reconnues par la communauté internationale.

"Les pompiers n'ont pu accéder au site à cause des combats", poursuit l'agence.

Le porte-parole de la Compagnie nationale du pétrole (NOC, branche dépendant de l'Est) Mohamad al-Manfi a indiqué à l'AFP qu'un réservoir avait été "entièrement détruit par le feu", l'évaluant à "environ 420.000 barils de pétrole".

Un réservoir avait déjà pris feu lundi à Ras Lanouf lors des combats et les pompiers n'avaient pas pu l'éteindre.

Un porte-parole des gardes des installations pétrolières, Ali al-Hassi, a confirmé à l'AFP la poursuite des combats.

"Les affrontements se déroulent dans une zone à 20 km au sud-ouest d'al-Sedra et nous avons perdu sept de nos hommes", a-t-il précisé.

Lundi, un colonel des forces loyales au gouvernement basé dans l'Est avait indiqué que ses forces avaient été "attaquées par un convoi d'une dizaine de véhicules de l'EI" dans la région d'al-Sedra et Ras Lanouf.

Un responsable de l'armée de l'air de la base aérienne de Misrata (à l'ouest de Syrte) avait dit pour sa part que des raids aériens avaient été menés contre les positions des jihadistes dans la journée, en soutien aux gardes.


- Appel à l'aide -

La base de Misrata est contrôlée par les autorités basées à Tripoli, proches de la coalition de milices Fajr Libya.

La NOC a appelé lundi dans un communiqué le gouvernement basé dans l'Est à aider les gardes des installations pétrolières en leur fournissant "armes, munitions et matériels".

L'EI a affirmé lundi avoir pris Ben Jawad, une ville située sur la côte, entre Syrte et al-Sedra, mais aucune source officielle ou militaire n'a pu confirmer cette information.

Pour Ludovico Carlino, analyste au cabinet de conseil IHS Country Risk, les attaques de l'EI font partie d'une "stratégie déclarée d'isoler et contrôler les biens énergétiques en Libye".

Les jihadistes attaquent les sites pétroliers depuis un an mais n'en contrôlent actuellement aucun, indique pour sa part Mattia Toaldo, chercheur au European Council on Foreign Relations.

S'ils arrivent à s'en emparer, "ce n'est pas sûr qu'ils parviennent à vendre le pétrole" en raison notamment de la concurrence avec les trafiquants locaux, a-t-il ajouté à l'AFP.

Un accord politique a été signé sous l'égide de l'ONU le 17 décembre au Maroc entre des membres des deux Parlements rivaux et représentants de la société civile libyenne. Il prévoit notamment la formation d'un gouvernement d'entente nationale basé à Tripoli.

L'ONU a entériné l'accord fin décembre mais le nouveau gouvernement doit encore obtenir l'aval du Parlement légitime siégeant dans l'Est avant le 17 janvier. Le président de ce Parlement s'oppose cependant à l'accord.

La Libye dispose des réserves pétrolières les plus importantes d'Afrique, estimées à 48 milliards de barils. Sa production était estimée à 1,6 million b/j en 2011, mais a chuté depuis.

Mercredi 6 Janvier 2016 - 11:00

Source AFP




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