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Les propos du PM algérien, une tentative désespérée de l'Algérie de réagir au revers essuyé suite à la résolution du CS N 2218 (politologue)


Mardi 16 Juin 2015 modifié le Mercredi 17 Juin 2015 - 13:40




Les propos du premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, à l'occasion de l'ouverture de la 25ème session ordinaire du Sommet de l'Union africaine (UA) à Johannesburg constituent une tentative désespérée de l'Algérie de réagir au revers essuyé suite à la résolution du Conseil de Sécurité (CS) N 2218, a affirmé Abderrahim Manar Slimi, professeur des sciences politiques à l'Université Mohammed V de Rabat.

"Avec cette sortie, l'Algérie ambitionne d'apaiser l'impact psychologique de la résolution du CS N 2218 rendue le 28 avril dernier, qui a provoqué une certaine désespérance dans les camps de Tindouf, où les mouvements de protestation contre la direction du Front Polisario n'ont pas cessé tout au long des derniers mois", a déclaré M. Slimi à l'agence MAP.

"A travers de tels propos, Alger espère apaiser les tensions qui pèsent sur la direction du Polisario qui connait des rivalités internes ayant poussé plusieurs de ses leaderships à annoncer leur ambition de sortir des camps", a encore souligné le Président du centre maghrébin des études sécuritaires et de l'analyse des politiques.

L'Union africaine demeure la seule tribune devant Alger, d'autant plus que la résolution N 2218 des Nations Unies ne lui a pas laissé de marge de manœuvre, a-t-il dit, relevant que même au sein de l'UA, la propagande à l'encontre du Maroc ne trouve plus d'écho, dans la mesure où plusieurs pays sont désormais au fait des violations commises par Alger à la charte des Nations Unies à cause de son parti pris dans le conflit du Sahara.

Dans ce contexte, a poursuivi M. Slimi, l'article 52 de la charte des Nations unies "n'habilite pas l'UA, en tant qu'organisme régional, à intervenir dans ce conflit", relevant que l'UA est un organisme inapte à statuer sur ce différend.

Le timing de ces propos démontre, si besoin en est, que l'étau commence à se resserrer sur l'Union africaine en dépit de la diplomatie de corruption si chère au régime algérien, à un moment où plusieurs pays ont commencé à se rendre compte des manoeuvres d'Alger en Afrique visant à déstabiliser plusieurs pays de la région.

Sur un autre registre, M. Slimi a indiqué que les propos du premier ministre algérien trahissent des problèmes régionaux et internes que vit l'Algérie et qu'elle cherche par tous les moyens à externaliser via des déclarations agressives à l'encontre du Maroc.

Les puissances régionales et internationales se sont rendues compte que l'Algérie cherche à ce que la situation de chaos persiste en Libye, après que ses forces se soient progressées à 80 km sur la ligne frontalière au sud-ouest libyen, avant de procéder, par la suite, à sécuriser toute la zone et à passer un contrat avec une société sud-coréenne dans l'objectif de détourner illicitement les productions des puits pétroliers libyens vers ceux algériens, qui faisaient l'objet auparavant d'un conflit avec l'ex président Mouamar Kaddafi, d'où la preuve irréfutable qu'Alger exploite la situation de chaos qui règne en Libye pour mettre la main sur les ressources naturelles des Libyens.

Pour M. Slimi, l'Algérie a également échoué à contenir les Azawadiens au Nord du Mali alors que les parties internationales et libyennes ont commencé à nourrir des doutes quant à ses visées interventionnistes.

Sous cet angle, le politologue a fait savoir que l'Algérie manie plusieurs cartes à l'encontre des pays de son voisinage pour couvrir ses tendances interventionnistes. "Tantôt elle brandit le dossier du Sahara contre le Maroc et recourt aux groupes terroristes dans les montagnes de Chaabani contre la Tunisie, tantôt elle exploite le Polisario dans la zone tampon entre le Maroc et la Mauritanie et au nord-ouest du Mali pour exercer une menace sur la Mauritanie", a-t-il fait remarquer.

Sur le plan interne, "la situation est complexe", a estimé M. Slimi, précisant que la course au pouvoir est à son apogée depuis les années soixante, les dossiers de corruption (Sonatrach, El Khalifa Bank...) sont toujours ouverts et ne trouvent pas d'issue, les institutions paralysées, le président inexistant et l'organisation autoproclamée dite Etat islamique (Daech) progresse en Libye et caresse le rêve de mettre la main sur les installations pétrolières algériennes.

A cela s'ajoutent, a-t-il noté, les conflits inter-communautaires à Ghardaya, les protestations dans le sud du pays et la crise économique provoquée par la baisse des prix du pétrole qui exposent le pays au chaos.

De ce fait, les propos de M. Sellal contre le Maroc traduisent le désespoir de l'Algérie et une situation politique à la traine, Alger croyant qu'en ciblant le Maroc elle s'offre une bouffée d'oxygène sur fond d'un échec cuisant sur les plans régional et national.

L'Algérie traverse une situation difficile, alors que les rapports sécuritaires internationaux tirent la sonnette d'alarme quant à la situation sécuritaire et politique dans le pays et le danger qu'elle représente pour l'Afrique du Nord, étant donné que les armes existant en Algérie constituent le double de celles que détenait Kaddafi, d'où le danger pour l'Afrique du Nord et l'Europe que constitue leur prise en main par les groupes terroristes en cas de détérioration de la situation en Algérie, a-t-il encore souligné.

"L'Algérie a besoin d'un sauvetage politique et sécuritaire et n'est nullement en mesure de pointer du doigt un pays stable comme le Maroc", a-t-il conclu.

Mardi 16 Juin 2015 - 16:38





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