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Les mères frappées par leurs enfants montent au filet


Vendredi 27 Juillet 2012 modifié le Vendredi 27 Juillet 2012 - 11:21

Le cas récent d'une Jurassienne agressée par son fils révèle un phénomène plus fréquent qu’il n’y paraît. Des solutions existent.




Pionnière à Genève, Claudine Gachet va ouvrir une antenne vaudoise.
Pionnière à Genève, Claudine Gachet va ouvrir une antenne vaudoise.
«On ne tape pas une maman, on la protège», déclarait une Jurassienne frappée par son fils de 17 ans, fâché de ne pas disposer de son appartement pour fumer des joints avec ses copains («Le Matin» du 10 juillet). Plusieurs mères se sont reconnues dans son témoignage: «Je lutte depuis longtemps pour trouver des solutions», écrit notamment une Vaudoise.

Des solutions, c’est ce que propose l’association genevoise Face à Face. Sa directrice et fondatrice, Claudine Gachet, est engagée dans l’éducation des 13 à 20 ans au comportement violent: «Quand il apprend à tuer dans un jeu vidéo, comment voulez-vous qu’un ado montre sa colère?» Selon la psychiatre et coach genevoise Yannik Didelot, active chez Face à Face, la violence physique progresse chez les jeunes: «Boire une bière ou fumer du cannabis ne suffit plus: pour passer pour un rebelle, il faut faire la loi à la maison.»

Les ados violents sont envoyés à l’association par leur entourage, une école ou un foyer, mais aussi par les juges. Dans son programme remboursé par les caisses maladie, Face à Face tente de «développer l’empathie et la capacité de liens», mais aussi et surtout «faire cesser la transmission de la violence à travers les générations». Les sessions de groupe comportent des psychologues pour comprendre la violence, des policiers et des gardes-frontière pour mesurer ses conséquences, un maître d’arts martiaux pour la canaliser, et des comédiens pour apprendre à lâcher prise.

Rétablir l’autorité

Tous ces professionnels insistent sur le respect de l’autorité et de la hiérarchie: «On leur demande de bien se tenir», résume Claudine Gachet. Une communication claire, sans grossièreté, est une condition posée. Le vouvoiement est de rigueur. «Il faut placer les parents dans une situation où ils tiennent les rênes», commente Claudine Gachet.

Comment en est-on arrivé là? «La moitié des familles sont recomposées. Epuisées par leurs multiples tâches professionnelles, d’épouse et de mère, les femmes sont débordées», constate la thérapeute de famille et de couple Claudine Gachet. Combien sont-ils, ces ados violents? «Un ou deux sur dix. La violence ne s’exprime pas seulement à l’extérieur sous forme de bagarres.» Pour la psychiatre Yannik Didelot, «ça commence par de la mauvaise humeur, une réplique vulgaire, une porte qui claque… Ces humeurs traduisent des émotions qui ne savent plus être mises en mots».

«Les ados qui ont frappé leur mère regrettent amèrement leur geste: ils expriment des remords», constate Claudine Gachet. Selon cette professionnelle, la violence chez les jeunes n’exprime pas forcément un manque d’amour: «En proie à des sentiments explosifs, l’ado aura tendance à se défouler plus facilement sur un proche.» Et Claudine Gachet de conclure: «Dans toutes les cultures, la mère est sacrée.»
Vendredi 27 Juillet 2012 - 11:17

Source Le Matin




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