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Les élus de la diversité ont limité la casse face à la déroute de la gauche aux municipales


Samedi 5 Avril 2014 modifié le Samedi 5 Avril 2014 - 16:15

Avec quatre maires dans des villes de plus de 30.000 habitants, l'accession des minorités visibles à la tête des municipalités reste marginale mais leurs représentants ont limité la casse face à la vague bleue qui a emporté nombre d'élus de gauche.




Les élus de la diversité ont limité la casse face à la déroute de la gauche aux municipales
"Il n'y a toujours pas de raz-de-marée, mais on a de premiers grands élus", souligne le chercheur Gilles Kepel, qui vient de publier "Passion française" (Gallimard), une enquête auprès de descendants d'immigrés candidats aux législatives de 2012.

La députée socialiste Hélène Geoffroy, d'origine guadeloupéenne, devient ainsi l'édile des 43.000 habitants de Vaulx-en-Velin (Rhône), tandis que le communiste Azzedine Taïbi, d'origine algérienne, administrera Stains (Seine-Saint-Denis), commune de 35.000 habitants.

Réélues, l'ancienne ministre UMP Rachida Dati garde 58.000 administrés dans le 7e arrondissement de Paris, et la sénatrice PS Samia Ghali près de 100.000 dans le 8e secteur de Marseille.

Il y a en France quelque 260 villes de plus de 30.000 habitants.

Plus symbolique, la victoire de Marieme Tamata-Varin (sans étiquette) dans la commune de Yèbles (Seine-et-Marne, 700 habitants). D'origine mauritanienne, elle est à la fois femme, noire et musulmane, une première.

"Ces candidats, les partis ne peuvent plus s'en passer, car ils représentent un réservoir électoral", ajoute Gilles Kepel, professeur à Sciences Po, qui décrit une progression depuis les émeutes urbaines de 2005.

De nombreux jeunes de banlieues s'étaient alors inscrits sur les listes électorales pour tenter de faire barrage à Nicolas Sarkozy, rappelle-t-il. Et aux municipales de 2008, "ils sont entrés sur les listes dans les cités populaires, notamment parce que les maires vivaient dans la hantise du renouvellement des émeutes: c'était important pour eux d'avoir des relais".

- Programme, idées -

Dans les villes de plus de 9.000 habitants, les conseillers municipaux d'origine extra-européenne étaient alors passés de 1.069 à 2.343 (soit 6,68% du total des élus), selon une étude pour le Haut conseil à l'Intégration (HCI).

Parallèlement, l'opinion publique se montre plus avide de diversité. Juste avant le dernier scrutin, 44% des Français déclaraient "prioritaire" ou "important" pour leur choix que les listes reflètent une diversité des origines, selon un sondage OpinionWay.

Sans en faire de publicité, les partis avaient investi plusieurs candidats "de la diversité" pour ces municipales. En Essonne, deux maires PS avaient même cédé leur fauteuil à des femmes d'origine tunisienne en amont du scrutin pour leur faciliter la tâche (Sonia Dahou aux Ullis et Rafika Rezgui à Chilly-Mazarin).

Mais la vague bleue a eu raison de certains candidats, comme Rafika Rezgui ou le maire sortant de Carrières-sous-Poissy (Yvelines) Eddie Aït, battus par l'UMP.

"Le fait que l'UMP ait trusté des mairies a nécessairement désavantagé les minorités visibles", estime le sociologue Eric Keslassy, qui souligne un retard de la droite sur ces questions.

"La question de la diversité, telle que mise en avant par Nicolas Sarkozy, est passée de mode à droite", juge-t-il, soulignant que même avant, "l'UMP était dans une logique du symbole: elle mettait quelques personnes en avant mais sans mettre en place de politique structurelle".

D'autres candidats ont souffert des déchirements internes à la gauche, comme Sonia Dahou, le maire sortant de Vernon (Eure), Philippe N'Guyen Thanh ou le député PS Razzy Hammadi, éliminé au premier tour à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Finalement ce sont les maires sortants des petites communes, souvent sans étiquette, qui s'en sont le mieux sortis: Blaise Diagne à Lourmarin (Var) ou encore Xavier Cadoret, né Karim Kadouri, à Saint-Gérand-le-Puy (Allier, 1.000 habitants).

Et dans ces communes, parfois rurales, la victoire ne tient pas à la couleur de la peau, assure Mohand Hamoumou, fils de harki, réélu à Volvic (4.000 habitants) dès le premier tour. Sa victoire, il la doit "à son programme et à ses idées, dit-il. Ce n'est pas parce que je suis issu de la diversité".

Samedi 5 Avril 2014 - 11:35





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