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Les confidences au Maroc de la favorite pour Matignon


Dimanche 11 Mars 2012 modifié le Dimanche 11 Mars 2012 - 19:13




Les confidences au Maroc de la favorite pour Matignon
Le cortège file à vive allure et à chaque croisement, les policiers marocains se mettent au garde-à-vous. Martine Aubry devise tranquillement avec Jean-Christophe Cambadélis, chargé des questions internationales au PS, dans cette voiture officielle. Elle a déjà connu et peut-être qu’elle connaîtra à nouveau le pouvoir. Non, Martine Aubry n’est pas Premier ministre, elle est encore la patronne du PS. Mais à quarante-cinq jours du premier tour de la présidentielle, elle a rendez-vous avec le roi du Maroc, qu’elle connaît bien. Hassan II avait envoyé son fils passer une année de formation à la Commission européenne avec le père de Martine Aubry, Jacques Delors.

"Alors, les sondages sont très serrés?"

Officiellement, la rencontre entre le roi et la socialiste fut "constructive", comme on dit en langage diplomatique, portant sur les évolutions démocratiques, les relations franco-marocaines ou la Syrie. L’entrevue de plus de quarante- cinq minutes fut en fait plutôt chaleureuse et vivante. "Vous venez voir les Français, vous allez où?" demande Sa Majesté Mohammed VI pendant le tour d’images. Puis la discussion se poursuit dans le bureau du magnifique palais royal. Et très vite, l’élection présidentielle est au centre de l’audience. "Alors, les sondages sont très serrés?", s’enquiert le roi, qui avait reçu le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, deux jours plus tôt : "Non, François Hollande est en tête, mais une élection n’est jamais jouée d’avance, nous ne croirons pas les sondages jusqu’au jour de l’élection", répond Martine Aubry. "Vous parlez beaucoup d’immigration en France?" fait remarquer le roi. "Non, c’est la droite", rétorque la socialiste.

Car même de l’autre côté de la Méditerranée, la présidentielle française est dans toutes les têtes. Le Premier ministre, Abdelilah Benkerane, avait reçu la patronne du PS au siège du PJD (Parti Justice et Développement), le matin même. Revenant sur la victoire de son parti, il lance à Aubry, souriant: "En général, après dix ans de pouvoir, c’est l’opposition qui gagne". Aubry : "Je ne voudrais pas vous mêler à la présidentielle française".

Aubry est au Maroc, un pays qui lui est cher, pour représenter François Hollande. Elle fait campagne au nom de celui dont elle voulait la place, avec "enthousiasme, tout à fait naturellement, autant que si c’était ma campagne", confie-t-elle au JDD. Mais quand on lui demande si c’est plus simple de parler pour un autre, sans avoir à subir la lessiveuse de la présidentielle, la maire de Lille réplique : "Ah non, je n’irais pas jusque-là". Et même quand elle entend Nicolas Sarkozy citer sans cesse les vives critiques que Laurent Fabius, Ségolène Royal ou elle-même émettaient contre Hollande, elle "ne regrette rien, c’était bien d’aller au fond des choses", nous explique-t-elle.

"J’étais considérée comme une candidate de substitution et cela ne me faisait rien, il n’y a rien eu de blessant, je demandais juste des précisions, ça aurait été se moquer des Français que de ne pas aller au bout du débat". Martine Aubry se veut aujourd’hui la "première supportrice de François Hollande", consacrant "90% de son temps à aller présenter son projet dans les quartiers en difficulté et à l’étranger". Aujourd’hui, elle dit que leurs relations sont "parfaites". En fait-elle un peu trop? Le candidat socialiste lui-même ne tarit pas d’éloges sur Martine Aubry. "Martine fait dans les meilleures formes et le meilleur esprit. Jamais les socialistes n’ont été aussi unis", explique François Hollande au JDD.

"Les Français reconnaissent le travail que j’ai fait au PS"

"Elle fait le job, il en est très content", témoigne un proche du candidat, visiblement surpris qu’entre ces deux-là, cela se passe aussi bien. Évidemment, elle dit ne rien en attendre. Les sondages font d’elle la favorite pour Matignon en cas de victoire de la gauche. "Cela veut juste dire que les Français, comme les Marocains que j’ai rencontrés aujourd’hui, reconnaissent le travail que j’ai fait à la tête du PS, analyse Martine Aubry. Cette reconnaissance fait plaisir, mais je n’ai qu’un seul objectif : que François Hollande soit élu président. Tout le reste est déplacé. Le président choisit son Premier ministre après la campagne, en fonction du message envoyé par les Français. Les spéculations n’ont pas de sens, elles ne m’intéressent pas". Fermez le ban. Du moins, jusqu’au 6 mai

Cécile Amar, envoyée spéciale Rabat (Maroc) - Le Journal du Dimanche

Dimanche 11 Mars 2012 - 19:09

Le Journal du Dimanche




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