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Le tournant militaire français sur la Syrie




La France s'apprête donc à participer à des frappes militaires contre Daesh en Syrie. Cette affirmation, même si elle a l'apparence d'une évidence, prend aujourd'hui en France l'allure d'un Breaking news. Car la France livrait une guerre aérienne à l'organisation de L'Etat islamique Irak et semblait ignorer superbement la même organisation terroriste en Syrie alors que les complicités locales et les prolongations géographiques éliminaient tous les effets de distinction.

Par Mustapha Tossa




François Hollande et Bachar El Assad
François Hollande et Bachar El Assad
François Hollande vient de donner cette réorientation. Les avions de guerres français vont participer en coordination avec les pays de la coalition à des frappes contre des bastion de Daesh en Syrie. Par contre le president français a balayé d'un revers de la main l'éventualité d'un déploiement des troupes au sol jugeant ce projet "irréaliste et inconséquent". Cette clarification est venu clore un debat en France dans lequel des voix notamment de l'opposition, avaient exigé que l'armée française s'implique davantage dans la guerre aérienne et terrestre contre l'organisation de l'Etat Islamique. Autre nouveauté dans la posture française, Francois Hollande ne semble plus faire du départ de Bachar El Assad une condition préalable mais estime qu'une solution de transition doit fatalement aboutir au départ du president syrien.

Pour bien comprendre l'importance de ce tournant francais La diplomatie française s'était enfermée dans une logique de déni. Non que le Daesh irakien n'a rien à voir avec le Daesh syrien mais parce que la France de Francois Hollande considérait que toute frappe contre les bastions de l'Etat islamique en Syrie est un cadeau inespéré pour le régime de Bachar El Assad dont elle a fait du départ le but prioritaire et ultime. Une obsession qui semblait embuer toutes les réalités du terrain. Cette situation était devenue à la fois intenable et invendable.

Deux facteurs ont été décisifs dans la nécessité de faire bouger les lignes diplomatiques françaises. La première tient à la menace terroriste de plus en plus pesante sur la société française en provenance de ce conflit syrien. Le flux des jeunes Francais candidats à rejoindre les rangs de Daesh ne tarie pas et la pression des attentats terroristes même avortés ont développé une prise de conscience qu'il faut sinon agir vite, du moins revoir les stratégies de défense.

Le second facteur a été la vague de réfugiés qui s'abat sur les pays de l'Union européenne en majorité produites par la crise syrienne. Les capitales de l'Europe ont subi de plein fouet l'onde choc de cet exode syrien au point que leurs équilibres sociaux et économiques sont menacés. Les solutions proposées pour améliorer les conditions de réception des réfugiés, même inspirées par un grand élan de solidarité, s'avèrent insuffisantes pour trouver une solution à la plus grande crise de réfugiés que connaît L'Europe depuis la seconde guerre mondiale.
Lundi 7 Septembre 2015 - 12:22



Lundi 7 Septembre 2015 modifié le Lundi 7 Septembre 2015 - 19:55

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