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Le succès de la primaire est un avertissement pour Nicolas Sarkozy


Lundi 10 Octobre 2011 modifié le Lundi 10 Octobre 2011 - 07:37




Le succès de la primaire est un avertissement pour Nicolas Sarkozy
Le Parti socialiste a réussi la première étape du défi. Mieux que prévu. Le premier tour de sa primaire est un succès logistique (pas de couacs majeurs dans l’organisation), démocratique (une participation revigorante) et politique (un avertissement sérieux à Nicolas Sarkozy). Il reste au PS à franchir la seconde étape sans trop de dégâts pour transformer l’élan d’hier en vague capable de le porter jusqu’en 2012. La semaine qui s’ouvre, avec mercredi un débat entre François Hollande et Martine Aubry, s’annonce redoutable. Les deux ne s’aiment guère, c’est un euphémisme. Ils ont désormais la responsabilité de ne pas gâcher cet automne indien de la gauche. De ne pas transformer «la détermination joyeuse» palpable hier dans les bureaux de vote, selon l’expression de Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, en guerre de tranchées.

Le premier tour de la primaire est un sérieux avertissement pour le chef de l’Etat. La forte mobilisation vient confirmer que son camp s’est trompé en pilonnant dans un premier temps le dispositif imaginé par le PS, avant d’en faire les louanges. Jusqu’au dernier jour, les sons de cloche sont dans la majorité restés discordants, signe de l’embarras de la droite face à cette innovation démocratique qui lui donne mauvais teint.

Au-delà du nombre de votants et de l’élan potentiel que le PS peut tirer de cette séquence, le plus inquiétant pour le président sortant est qu’il était hier sur toutes les lèvres des électeurs mobilisés. Avec, selon de nombreux témoignages, une volonté froide «de virer Nicolas Sarkozy». «Les gens savaient pourquoi ils étaient là», résume un cadre du PS, très impressionné par l’implacable ras-le-bol contre le chef de l’Etat qui s’est exprimé dans le calme des files d’attente. La primaire avait aussi un parfum de référendum anti-Sarkozy.

Le PS n’a pas, ce serait folie de le croire, gagné hier la présidentielle. Il a marqué un gros point. Mais la vraie campagne ne commencera qu’en janvier 2012 et Nicolas Sarkozy, mal en point aujourd’hui dans les enquêtes d’opinion, est un compétiteur hors norme qui saura mettre son camp en ordre de bataille. Comme vient de le prouver le retrait de Jean-Louis Borloo. Le parfum antisarkozyste du premier tour de cette primaire ne constitue pas un levier suffisant pour que le PS s’autorise d’ores et déjà à trop bomber le torse. Quel que soit la semaine prochaine le vainqueur du second tour, il aura la lourde tâche de transformer le désir d’alternance qui s’est exprimé en vote adhésion.

Lundi 10 Octobre 2011 - 01:07

Par Paul Quinio (Libération)




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