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Le roi Mohammed VI engage les parlementaires à une remise en question de la pratique parlementaire


Vendredi 12 Octobre 2012 modifié le Samedi 13 Octobre 2012 - 09:31




Le roi Mohammed VI engage les parlementaires à une remise en question de la pratique parlementaire
Le roi Mohammed VI a engagé les parlementaires à entreprendre "avec courage et détermination" le travail de remise en question de la pratique parlementaire, afin d'apporter une plus-value à leur mission et répondre aux attentes de la nation et aux exigences de la nouvelle Constitution.

Dans un discours prononcé, vendredi, devant les membres des deux chambres du parlement à l'occasion de l'ouverture de la première session de la deuxième année législative de la 9ème législature, le souverain a souligné que toute avancée démocratique exige des efforts soutenus et une forte dose de lucidité, de mobilisation et d'abnégation.

Selon le roi Mohammed VI, toute avancée démocratique passe aussi par une profonde mise à niveau de la pratique parlementaire qui ne peut être que l'œuvre des parlementaires eux-mêmes, a dit le Souverain, qui a ainsi invité le parlement à s'investir en profondeur dans l'élaboration d'un code d'étique, dont les maîtres-mots sont le patriotisme authentique et l'intérêt général.

Ce code, a expliqué le roi, devra reposer sur les valeurs de la responsabilité et de la probité, et sur l'engagement pour une participation pleine et efficace du parlement, tout en respectant le statut juridique de l'opposition parlementaire et de ses droits constitutionnels.

Le but de ce code consiste, selon Mohammed VI, à faire du parlement un espace privilégié pour le dialogue constructif et une école d'excellence pour la formation des élites politiques qui soit doté de davantage de crédibilité et d'attractivité afin de réconcilier les citoyens avec la chose publique.

D'autre part, a poursuivi le souverain, le parlement est appelé à impulser son action diplomatique, en développant ses relations de partenariat avec les autres parlements, pour conforter la présence du Maroc au sein des instances internationales et servir par la même ses causes et intérêts supérieurs, et en premier lieu l'intégrité territoriale.

De ce fait, le parlement est investi de la mission d'initier un "nouveau tournant historique" au Maroc, d'autant qu'il se trouve au début d'une législature fondatrice et avant-gardiste, qui pourrait être la plus créative et la plus productrice grâce à l'action persévérante des représentants de la nation, a souligné le Souverain.

Régionalisation, réforme de la justice et "langues"

La "réforme de la justice", les "langues" ainsi que la "régionalisation" sont des "priorités" conformes à "l'esprit de la Constitution nouvelle", adoptée par référendum en 2011, a déclaré le roi.

Il a invité les parlementaires à se munir de "détermination et de courage" notamment en vue de la mise en oeuvre de cette Constitution, révisée l'an dernier sur initiative royale, dans le contexte du Printemps arabe.

"C'est au Parlement qu'il incombe dorénavant d'adopter un grand nombre de lois organiques, pour assurer la mise en oeuvre des dispositions de la nouvelle Constitution surtout pour ce qui concerne ses points les plus sensibles et les plus stratégiques", a-t-il dit.

"Nous vous engageons, a poursuivi Mohammed VI, à observer l'esprit et la lettre des dispositions constitutionnelles relatives aux régions (...) et à prendre en considération les propositions pertinentes de la Commission consultative de la régionalisation".

S'adressant toujours aux parlementaires, le souverain a affirmé qu'il leur appartenait "d'adopter les lois organiques relatives à la mise en oeuvre du Conseil national des langues et de la culture marocaine et à l'officialisation effective de la langue amazighe".

Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a de son côté annoncé jeudi qu'un plan législatif (2012-2016) avait été élaboré pour la première fois par les pouvoirs publics.

M. Benkirane a souligné que le gouvernement était tenu constitutionnellement de mettre en oeuvre les dispositions de la loi fondamentale à "travers des lois organiques, en plus d'un nombre d'autres textes législatifs".

Le royaume veut instaurer la régionalisation dans le cadre d'un vaste projet de décentralisation, estimant qu'elle constitue un "chantier majeur".

La justice, gangrenée par la corruption, est très critiquée alors que le roi a lancé au printemps dernier un important projet pour la réformer.

La nouvelle Constitution dont le Maroc s'est doté en juillet 2011 accorde davantage de pouvoirs au gouvernement et au Parlement, et s'engage sur la voie de réformes démocratiques. Elle a consacré pour la première fois l'amazigh comme une langue officielle au même titre que l'arabe.

Vendredi 12 Octobre 2012 - 21:48





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