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Le procès de Gdim Izik n'est pas politique et les faits examinés par la justice marocaine sont "des actes purement criminels" (avocats de Paris)


Dimanche 19 Mars 2017 modifié le Lundi 20 Mars 2017 - 12:00

Le procès des événements de Gdim Izik, qui s’est ouvert devant la Cour d’appel de Rabat, "n’est pas un procès politique" et les faits que la justice marocaine examine sont "des actes purement criminels", soulignent les avocats de victimes, MM. Yves Repiquet, ancien Bâtonnier de Paris et Emmanuel Tawil, avocat au Barreau de Paris.




L'avocat Yves Repiquet à Paris en 2004
L'avocat Yves Repiquet à Paris en 2004
Depuis la première audience, la majorité des accusés ont revêtu l’habit, ou plutôt le masque, de militants d’une cause indépendantiste et refusent de reconnaître leurs victimes. Ils contestent la recevabilité de la constitution de partie civile des familles des victimes et refusent de répondre aux questions posées par leurs avocats, soulignent MM. Repiquet et Tawil dans une tribune.

Les accusés et leurs avocats essaient de faire de ce procès une tribune politique, affirment-ils.

Ces avocats ont trouvé l’oreille attentive de diverses ONG et de quelques très rares parlementaires en Europe, qui soutiennent depuis longtemps l’action des séparatistes sahraouis. Ces organisations ont délégué au procès des observateurs, qui prétendent que le procès serait inéquitable car la Cour d’appel ne serait pas impartiale.

MM. Repiquet et Tawil rejettent ces accusations les qualifiant de " fausses ", précisant que la tenue du procès devant la Cour d’appel est en elle-même le signe de l’indépendance du système juridictionnel marocain, puisque ce procès a lieu après que la décision rendue par un tribunal militaire a été cassée.

Les avocats des accusés n’ont pas cessé de contester l’impartialité de la justice marocaine et reprochent à la Cour d’appel de ne pas accepter d’entendre, en français, les avocats français, rappellent-il, expliquant que l’usage de l’arabe devant les juridictions marocaines est obligatoire et découle de la convention franco-marocaine d’entraide judiciaire.

"Imagine-t-on des avocats marocains plaidant en arabe à la Cour d’appel de Paris ? Evidemment non. Pourquoi exiger du Maroc ce que l’on ne saurait exiger de la France ?", relèvent-ils.

Par ailleurs, les deux avocats rappellent que la Cour d’appel de Rabat a accepté de tenir compte d’"une décision étrange" du Comité contre la torture des Nations-Unies sur de prétendues pratiques de torture et a nommé plusieurs experts pour examiner ces allégations.

"En tout état de cause, rien ne saurait justifier ou excuser de tels assassinats et la profanation de dépouilles", estiment les avocats de victimes de Gdim Izik, qui demandent que la responsabilité des auteurs de ces crimes soit établie et sanctionnée.

Les événements du camp de Gdim Ezik remontent à novembre 2010 quand les forces de l'ordre ont entamé le démantèlement d’un camp illégal avant que des activistes sahraouis, disposant d’argent, de véhicules 4/4 et d’armes blanches, ne tentent de déclencher un soulèvement et semer la mort dans les rangs de ces forces qui étaient désarmées.

Le bilan de leurs actes criminels est lourd : 11 morts, parmi les forces de maintien de l'ordre qui étaient désarmés, et 74 blessés. Aux assassinats à l’arme blanche au cri de "Allahu Akbar", ils ajoutèrent l’ignominie de la profanation des corps de leurs victimes, rappellent les deux avocats français.

(Avec MAP)
Dimanche 19 Mars 2017 - 18:48





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