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Le point sur une morose campagne présidentielle algérienne


Vendredi 28 Mars 2014 modifié le Vendredi 28 Mars 2014 - 20:33




Au sixième jour de cette campagne présidentielle algérienne force est de constater que les meetings se succèdent dans une relative indifférence et leurs échos ressemblent à une ritournelle insipide, inodore et incolore.

En Kabylie, notamment à Tizi Ouzou, la bande des six (staff pro-Bouteflika) a procédé au recrutement massif de repris de justice, de barons de la drogue, de dealers, de prostituées et de proxénètes pour mener une campagne en faveur du Président-candidat et protéger leur Q.G installé à l’hôtel Fayçal et ce, suite au rejet total par les Kabyles de la présidentielle et à l’interdiction de campagne que le peuple Amazigh a décrétée dans cette région, tout comme à Bouira, Batna et Annaba.

Le fort taux d’abstention qui s’annonce en Kabylie ne serait pas pour plaire aux décideurs algériens, c’est pourquoi ces derniers ont décidé de mobiliser les agents administratifs de cette région dans une opération de persuasion des citoyens à se rendre aux urnes.

Autres faits qui révèlent le rejet de cette présidentielle, les incidents qui ont marqué certains meetings.

Ainsi, à Bouira et Sour El Ghozlane les propagandistes pro-bouteflika se sont fait sérieusement chahutés et même Abdelmalek Sellal, l’homme orchestre de la campagne du Président sortant, a subi l'ire de l'assistance à Blida.

A Ouargla, ville du Sud algérien, ce même Abdelmalek Sellal, a failli, le 27 mars 2014, être lynché par une population en colère et scandant des slogans hostiles au régime et n’a du son salut qu’à une intervention musclée des forces de sécurité venues en grand nombre.

Quant à Louisa Hanoune, candidate à la présidence et plus que jamais discréditée après s‘être acoquiner pendant 15 ans avec Bouteflika, elle n’a rien trouvé de mieux que d'organiser un meeting devant une écrasante majorité d'enfants.

Il en est de même pour les autres candidats qui peinent à remplir les salles et dont les discours soulèvent hilarités et huées.

Le peuple algérien marque donc son total rejet et désintérêt pour cette campagne présidentielle que l’on peut assimiler à une pièce théâtrale dans laquelle cinq lièvres courent après un fantôme qui n’existe pas.

Il s’agit là d’une sorte de campagne électorale de l’autruche. C’est, là aussi, tout le désespoir de cette élection où les vrais enjeux sont, une fois encore, particulièrement absents. Tout comme le premier des candidats !

Ainsi donc, il apparait clairement que cette campagne présidentielle, qui n’a ni queue, ni tête, ne convainc pas le peuple algérien qui sait pertinemment que le match est truqué.

D’ailleurs, l’Union Européenne a décidé de ne point envoyer d’observateurs pour la supervision de cette élection présidentielle afin de ne pas cautionner une masdarade électorale.

Un refus qui fut suivi, le 27 mars 2014, par la publication par cette instance européenne d’un document au vitriol sur la situation en Algérie.

Ce double camouflet de l’Union Européenne est une très mauvaise nouvelle pour la bande des six et les conseillers de Bouteflika et fait mauvaise pub à l’image du Président sortant et à leur campagne.

Enfin, je conclurai mon papier par un message-vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux et qui, à lui seul, résume la situation dans laquelle luttent quotidiennement les algériens pour assurer un minimum vital à leur famille.

La particularité de cet appel de jeunes migrants est qu’ils se trouvent en haute mer sur une embarcation de fortune pour rejoindre l'autre rive de la Méditerranée.

Ces migrants clandestins chantent, rient et blaguent sur leur quotidien sinistre en Algérie et scandent «Ya Bouteflika, garde ton 4ème mandat et bye bye l'Algérie» ou encore «Ya Boutelfika, leblad rahi lik (le pays est désormais à toi)». Une vidéo consultable sur le site de «courrier international» en date du 26 mars 2014.

Vendredi 28 Mars 2014 - 20:33

Par Farid Mnebhi