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Le philosophe Régis Debray n'apprécie pas le déballage de François Hollande


Mercredi 19 Octobre 2016 modifié le Samedi 22 Octobre 2016 - 17:46

Le philosophe Régis Debray n'a pas aimé la façon dont le président François Hollande a résumé sa pensée dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça" et lui fait la leçon dans une tribune publiée mardi par Le Monde.




"Monsieur le Président, la coutume est aujourd'hui de ne pas lire les livres eux-mêmes, mais ce qu'il en est dit dans le journal. Cela fait gagner du temps, mais expose à certaines bévues", affirme l'intellectuel laissant entendre que François Hollande ne lit pas les livres dont il parle et dit des sottises.

L'ancien compagnon de route de Che Guevara reproche au chef de l'Etat d'avoir dit: "Quant aux élites intellectuelles, on ne peut pas dire qu'elles soient très passionnées par l'idée de la France. Ou alors, c'est une espèce de culture nostalgique, à la Régis Debray, sur le thème: +La France a disparu+...".

"J'ai tenté d'expliquer dans maints ouvrages, à grand renfort d'exemples historiques, que ce que l'on appelle vulgairement nostalgie n'est pas ce qui tire en arrière, mais ce qui pousse en avant les hommes d'action et, en particulier, les révolutionnaires", lui répond l'auteur des "Masques".

"Vous n'avez guère eu l'occasion, paix et bonheur obligent, de fréquenter cette espèce assez singulière, qui vous aurait permis de vérifier par vous-même le constat de Péguy: +Une révolution est un reculement de tradition, l'appel d'une tradition moins parfaite à une tradition plus parfaite...+. Mais les réformistes non plus n'échappent pas à cette loi générale, celle du progrès humain", ironise l'écrivain.

"L'humanité a l'étoffe du temps, elle n'est rien dans l'instant, et c'est le souvenir réactualisé du mémorable qui la fait à chaque reprise avancer", insiste-t-il.

L'ancien conseiller de François Mitterrand à l'Elysée regrette à ce propos que la gauche au pouvoir n'a pas pris le temps de "commémorer dignement" le 80e anniversaire du Front populaire. "Cela ne m'aurait pas paru passéiste, mais prometteur", estime-t-il.

"Me prêter l'idée que +la France a disparu+, quand elle connaît tout bonnement une métamorphose, c'est m'attribuer une sottise proche de la calomnie", conclut le philosophe.

Mercredi 19 Octobre 2016 - 09:33





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