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Le niqab divise les Français


Dimanche 25 Avril 2010 modifié le Lundi 26 Avril 2010 - 15:46

Le chiffre claque comme un énorme coup de fouet dans le désert. Seul un tiers des français approuve la décision de Nicolas Sarkozy de recourir à une loi pour une interdiction générale du vole intégral. Les deux autres tiers, c'est-à-dire l’écrasante majorité, restent ou profondément sceptiques ou passionnément hostiles à une telle démarche.




Le niqab divise les Français
Ce constat, confirmé par plusieurs sondages, indique deux leçons principales. La première est que les chiffres épousent, à la virgule prés, la côte de popularité et de désamour qui plombe Nicolas Sarkozy dans l’opinion. La seconde est que, malgré une atmosphère islamophobe installée par le débat sur l’identité nationale, les fantasmes sur une islamisation rampante de la société française n’ont pas réussi à convaincre grand monde.

Les détracteurs politiques de Nicolas Sarkozy ne cessent de dénoncer sa volonté de vouloir imposer dans l’agenda social et législatif une urgence qui n’en est pas une. Ils l’accusent ouvertement d’être motivé par une volonté politicienne de vouloir s’emparer des voix de l’extrême droite réputées très sensibles à ce genre de posture. Ils le soupçonnent de vouloir faire de l’insécurité et du niqab, ses principaux arguments de vente pour séduire et reconquérir un électorat évanescent.

Et parce que cette stratégie n’a pas l’air de fonctionner, réticences manifestes de l’opinion, grincements de dents audibles au sein de la majorité présidentielle, adhésion à reculons d’une partie du gouvernement, que la moindre affaire impliquant le voile intégral prend immédiatement l’ampleur d’un psychodrame national. Comme le montre cette affaire d’une femme verbalisée par un policier alors qu’elle conduisait en état de Burqa, comme s’amusent à le dire les rédacteurs des mauvais jeux de mots.

Un héros pour les uns, un danger public pour les autres, le policier qui a verbalisé cette femme a reçu le précieux et très opportun soutien de sa hiérarchie en la personne de Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, lorsque, après enquête, l’affaire de la conduite en niqab révèle une sulfureuse situation de polygamie doublée d’une escroquerie aux prestations sociales. Voici en tout cas comment Brice Hortefeux présente ce que la presse appelle le polygame de Nantes : « né à Alger et ayant acquis la nationalité française par mariage en 1999, appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants »

Autant d’ingrédients pour relancer un débat. Cette affaire tombe vraiment à pic pour travailler sur les réticences et acculer les indécis. Brice Hortefeux utilise l’artillerie lourde pour que le message soit clair et audible. Il ne propose ni plus ni moins que de déchoir le polygame de sa nationalité française. Eric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale lui apporte son soutien. En cas de décision de la justice prouvant la polygamie, il n’hésiterait pas à promulguer le décret de déchéances.

L’affaire de la conductrice en Niqab et du boucher polygame de Nantes a pris de grandes proportions. L’opposition par la voix du député maire de Nantes Jean marc Ayrault a crié à la manipulation.
Cette situation était connue du ministre de l’intérieur depuis longtemps. Pourquoi agir seulement maintenant ?


Pour atlasinfo et Aujourd'hui le Maroc
Par Tossa Mustapha
Dimanche 25 Avril 2010 - 14:13






1.Posté par Dan le 27/04/2010 10:37 | Alerter
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Le piège de la communication sur la burqa


Un certain nombre de commentateurs à propos de la conductrice qui portait la burqa pour conduire estiment que le gouvernement cherche à détourner l'attention des « vrais problèmes ». Cela mérite un examen précis des faits :
• est-ce le gouvernement qui a conduit la voiture avec une burqa en avril 2010 ? Avait-il envoyé cette personne pour conduire dans cette tenue ?
• Est-ce le gouvernement qui a posté un policier à cet endroit et lui a donné la consigne de verbaliser cette personne ?
• Est-ce le gouvernement qui a convoqué une conférence de presse pour protester contre l'amende de 22 € ?
• Le gouvernement a effectivement fait un communiqué sur le sujet, estimant qu'il y avait problème, et que des contrôles et des vérifications devaient être effectués. Cette information a été communiquée aux médias, libre à eux de l'utiliser comme bon leur semblait. S'il avait demandé des contrôles sans en parler, et que cela se fût su, qu'aurait-on dit ? Dissimulation ? perfidie ?
• Y a-t-il une obligation juridique pour les médias de reprendre toutes les conférences et toutes les déclarations du gouvernement français ? Cette obligation est-elle respectée ?
• À ma connaissance, ce n'est pas le gouvernement qui choisit ce qui se dit et ce qui s'écrit dans les médias. Ce n'est pas lui qui choisit les personnes que l'on interroge, qui organise les radios trottoir, qui va solliciter les politiques pour avoir leur avis. Ce sont les journalistes qui font les choix, avec le rédacteur en chef. Si donc ils estimaient que cette information ne méritait pas d'être reprise, qu'il s'agissait d'une manipulation gouvernementale, qu'il ne s'agissait pas d'un sujet qui intéresse les Français, pourquoi donc l'ont-ils reprise ?
• A contrario, un arrêté est paru (1) le 9 avril relatif au chômage partiel - c'est un sujet qui intéresse beaucoup les Français. Cet arrêté prévoit de maintenir une mesure qui a été prise par ce gouvernement dans le cadre du plan contre la crise, et même de la rendre plus favorable en faveur des personnes mises en chômage partiel. On pourrait penser que cette information aurait été largement diffusée, puisqu'elle concerne les « vrais problèmes » et en particulier la situation économique des personnes, mais elle pose des questions évidentes sur son financement. Quel a été l'écho dans les médias de cet arrêté ?
• Dans quel grand journal, dans quelle émission télévisée à une heure de grande écoute, ou radiophoniques, s'est-on intéressé avec précision et en détail aux causes réelles de la faillite grecque ? On sait par exemple que « la Grèce dispose de l'âge de départ à la retraite le plus bas d'Europe, avec une moyenne de 57 ans. Cela signifie que beaucoup prennent leur retraite à moins de 40 ans. »(Le Figaro- 9 avril 2010). Les médias ont-ils choisi, sur un sujet qui engage des milliards d'euros pour la France, de faire de grandes enquêtes pour comprendre comment la Grèce en est arrivée là ? Qui les empêche de faire ces enquêtes ?

Le procès d'intention fait systématiquement au gouvernement de chercher à détourner l'attention des « vrais problèmes » est donc un procès qu'il faut faire aux médias : on ne répétera jamais assez que ce sont les journalistes qui choisissent les sujets, l'angle, les reportages, les commentaires,la mise en page et la Une. Si donc il y a déferlement d'informations et détournement de l'attention des vrais problèmes, c'est aux journalistes de nous ramener vers les vrais problèmes et donc de ne pas parler des problèmes secondaires. (Rappelons-nous la grippe aviaire et le décès de deux oiseaux en Bulgarie en première page d'un grand quotidien national- la grippe aviaire avaiy été éradiquée par les émeutes en banlieue)
Il est par ailleurs curieux qu'aucun journaliste à ma connaissance n'ait essayé de conduire avec une cagoule pour voir l'effet que cela faisait, sur sa capacité auditive d'abord, mais aussi sur les autres automobilistes et sur les forces de l'ordre. On reviendra au bon sens lorsque l'on considérera que la burqa est équivalent de la cagoule dans l'espace public et doit donc être traitée de même.


(1) L’arrêté du 9 avril 2010 relatif au chômage partiel prévoit de maintenir à 80 % le taux maximal de prise en charge par des indemnités de chômage partiel en 2010, pour les conventions signées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2010. A titre dérogatoire, ce taux pourra être porté à 100 % sur décision conjointe du ministre chargé de l’économie et du ministre chargé du budget.
Pour rappel : le chômage partiel est un dispositif permettant à une entreprise obligée de réduire son activité en raison de difficultés liées à la conjoncture économique ou à certains évènements particuliers (difficultés d’approvisionnement en matières premières ou en énergie, sinistre ou intempéries exceptionnels…), d’éviter les licenciements pour motif économique et la baisse des rémunérations des salariés.


2.Posté par Dan le 28/04/2010 11:12 | Alerter
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