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Le luthiste Karim Tadlaoui fait chanter le luth à l’IMA


Mercredi 23 Juin 2010 modifié le Mercredi 23 Juin 2010 - 15:13

Seize luthistes, du Machrek et du Maghreb, dont des maîtres confirmés et des jeunes talents prometteurs ont été conviés, du 10 au 19 juin, pour le 11ème Festival de l’Institut du monde arabe (IMA), pour interpréter des compositions originales, des improvisations inédites ou des fusions riches et ouvertes sur le monde.




Le luthiste Karim Tadlaoui fait chanter le luth à l’IMA
Organisé sous le thème, ‘’le luth dans tous ses états’’, le festival a réservé un accueil exceptionnel au luthiste, compositeur et interprète marocain, Karim Tadlaoui qui a poussé très fort son talent pour faire revivre au public le répertoire marocain au rythme de ses envoûtantes percussions, soulevant des salves d’applaudissements dans une salle archi-comble.

Maîtrisant aussi bien le répertoire musical marocain que celui de la musique arabe classique et contemporaine, ainsi que les styles orientaux, l’atiste a enchaîné fusions rythmiques traditionnelles et contemporaines, pour montrer au public parisien comment l’héritage musical marocain résonne encore, à travers le luth, dans l’espace arabe et euro-méditerranéen.

Visiblement ému, le public s’est laissé spontanément guidé par cette ambiance festive et par la diversité des styles qui éveille les souvenirs d’un patrimoine musical capable de fusionner plusieurs formes musicales à la fois. ‘’A travers son style original, mêlant le son du oud au répertoire gnaoui, Tadlaoui a mis en avant toute la spiritualité d’un pays et la générosité d’un peuple, fructifiant ainsi un patrimoine aussi diversifié et généreux que les hommes et les femmes qui composent la nation marocaine’’, nous a confié, Dauphine Ponchelles, professeur de la musique à l’institut de musique de Paris, l’air très enchantée.

Surnommé ‘’le luthiste aux doigts d’or’’, Karim Tadlaoui a enchaîné concerts et soirées privées avant de partir à la conquête du temple de la musique orientale, le Caire. Les portes de l’Opéra de la capitale égyptienne lui sont ouvertes à plusieurs reprises tout comme celles des plus grandes chaînes de télévision et autres maisons de production arabes.

Parti de l’Orient arabe, le luth a suivi divers itinéraires pour parvenir en Italie et en Andalousie musulmane, devenant l’un des instruments essentiels de la musique arabo-andalouse. Les Cantigas de Santa Maria (milieu du XIIIème siècle) présentent l’une des premières manifestations du luth dans la culture européenne. Avec l’essor du jeu polyphonique, il devint ensuite un instrument majeur, grâce à l’adjonction des frettes sur le manche.

Bien qu’il soit l’instrument du soliste, le luth a toujours accompagné les orchestres. Il a fallu attendre la seconde moitié du XXème siècle pour voir l’éminent musicien irakien Mounir Bashir le libérer de l’hégémonie de la sonorité vocale et l’imposer sur scène comme seul instrument de concert. Depuis lors, nombreux sont les luthistes de qualité, tels l’Irakien Naseer Shamma, le Syrien Kadri Dalal, le Marocain Saïd Chraïbi et le Tunisien Anouar Brahem, qui brillent en solo en faisant chanter leur luth.


Atlasinfo


Mercredi 23 Juin 2010 - 15:07

Anas Bachir




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