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Le gouvernement français reporte la présentation d'une loi travail très critiquée


Lundi 29 Février 2016 modifié le Mardi 1 Mars 2016 - 16:40




Face à la fronde, le gouvernement français a reporté au 24 mars la présentation de la loi travail, critiquée par l'ensemble des syndicats et une partie de la majorité et du patronat. Le projet de loi devait à l'origine être présenté le 9 mars en conseil des ministres.

Il faut "lever les incompréhensions" et "corriger ce qui doit l'être", a expliqué lundi le Premier ministre, Manuel Valls, tout en assurant de "la très grande détermination du gouvernement pour faire avancer ce texte".

"Nous avons besoin de plus de flexibilité de notre marché du travail pour être plus compétitif", a ajouté Manuel Valls lors d'une visite au Salon de l'agriculture. "Ce sont des réformes qui sont attendues depuis des années, même des décennies, que personne n'a eu le courage et la volonté de mettre en oeuvre."

Selon Manuel Valls, le calendrier parlementaire n'est pas modifié et le texte pourra être voté comme prévu en mai à l'Assemblée nationale, puis au Sénat, avec une adoption définitive au début de l'été.

Le Premier ministre a ajouté qu'il recevrait dans une semaine l'ensemble des partenaires sociaux, les uns après les autres, avant une nouvelle rencontre accompagné des ministres du Travail et de l'Economie, Myriam El Khomri et Emmanuel Macron.

Il s'agit de déterminer "les lignes rouges" des partenaires sociaux et de formuler des ouvertures, a précisé l'entourage du Premier ministre, en assurant qu'il n'était pas question de remettre en cause la cohérence et les objectifs du texte.


Le gouvernement prêt à bouger

Le gouvernement ne répondra pas favorablement aux demandes de la CGT et FO, qui refusent de donner davantage de poids aux négociations de branches et d'entreprises, mais tentera de trouver un terrain d'entente avec les syndicats "réformistes".

Il est prêt en particulier à une ouverture sur la question de la modulation du temps de travail pour les salariés en "forfait jour", a-t-on expliqué.

Si le plafonnement des indemnités prud'homales sera conservé, ainsi que la définition des motifs de licenciement économique, "on peut faire bouger les curseurs", a-t-on ajouté.

Actuellement examiné au Conseil d'Etat, le texte a ravivé les tensions au sein de la majorité, déjà vives en raison du débat sur la déchéance de la nationalité.

La maire socialiste de Lille, Martine Aubry, a critiqué une réforme qui prépare un "affaiblissement durable de la France" et envisage de quitter la direction du Parti socialiste.

Emmanuel Macron a quant à lui souligné dans un entretien au Journal du Dimanche que "nous sommes à un moment du quinquennat où on ne peut pas tout brutaliser car ce serait prendre le risque de refermer les débats pour longtemps sans avoir réglé les problèmes".

"C'est ce qui s'est passé il y a dix ans avec le CPE", a-t-il ajouté, une référence à l'échec du projet de contrat première embauche sous la présidence de Jacques Chirac.
Lundi 29 Février 2016 - 18:53

Par Lila Taleb




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