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Le gouvernement français présente un projet de loi contre les «ghettos»


Mercredi 13 Avril 2016 modifié le Jeudi 14 Avril 2016 - 09:21




Le gouvernement français a présenté mercredi un projet de loi pour lutter contre les inégalités dans les «ghettos» urbains, accusées au lendemain des attentats djihadistes de janvier 2015 d'alimenter la radicalisation de certains habitants.

«Face aux fractures mises en évidence par ces attentats, il fallait une réponse sécuritaire, mais aussi une réponse citoyenne», a expliqué le ministre de la Ville et de la Jeunesse, Patrick Kanner.

En janvier 2015, certains habitants des cités sensibles avaient refusé de s'associer au mouvement de solidarité envers le journal satirique Charlie Hebdo, visé par les attaques parce qu'il avait caricaturé le prophète Mahomet. Des actes d'apologie du terrorisme avaient été recensés.

Le premier ministre Manuel Valls avait évoqué un «apartheid territorial, social et ethnique» à l'oeuvre dans certains quartiers et promis des mesures pour y remédier.

Le gouvernement a proposé mercredi d'«encourager l'engagement citoyen» avec notamment une généralisation du service civique, une reconnaissance du militantisme associatif des étudiants dans leur cursus scolaire...

Un deuxième volet porte sur le logement, avec pour objectif principal de «casser les logiques de ségrégation», notamment en répartissant mieux sur le territoire les logements sociaux.

«S'il y a des ghettos de pauvres, c'est qu'il y a des ghettos de riches. La mixité sociale ne se décrète pas, il faut hélas parfois l'imposer», a déclaré Patrick Kanner.

Un dernier volet porte sur «l'égalité réelle». Il fait de l'amélioration de la maîtrise du français une priorité nationale, élargit l'accès à la fonction publique à de nouveaux profils et durcit les sanctions pour racisme ou discriminations.

Fin mars, Patrick Kanner avait évoqué des «similitudes» entre «une centaine de quartiers français» et la commune belge de Molenbeek, qui a abrité plusieurs des auteurs des attentats de Paris et de Bruxelles. Il avait cité des maux communs : «une concentration énorme de pauvreté et de chômage», «un système ultra-communautariste», «un système mafieux avec une économie souterraine», et une quasi-disparition des services publics.
Mercredi 13 Avril 2016 - 21:42

AFP




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