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Le dialogue Orient-Occident au colloque « Identités et Universalité », organisé par la Grande Loge de France (GLDF) et la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO)


Dimanche 11 Avril 2010 modifié le Dimanche 11 Avril 2010 - 22:23

Antoine Sfeir, qui présidait, samedi à la Mutualité, la première table ronde "Orient-Occident : quel dialogue possible ?" dans le cadre du colloque "Identités et Universalité" avait d’emblée met l'accent sur la nécessité de « parler ensemble de tout ce qui fâche sans se fâcher », d’identifier et de dégager des pistes concrètes à transmettre aux responsables politiques.




Le dialogue Orient-Occident au colloque « Identités et Universalité »,  organisé par la Grande Loge de France (GLDF) et la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO)
« Nous sommes en droit de penser différemment, à condition d’accepter le dialogue pour que nos différences assumées deviennent fécondes grâce à la confrontation salutaire des idées. Car pour dialoguer, il faut donner et recevoir» explique Antoine Sfeir.
L’exercice d’un tel colloque reste toutefois modeste, même si nécessaire, car il convient de s’interroger sur son utilité et sa portée « sociétale » : comment la rue peut-elle être informée et prendre en compte nos exhortations à la paix, la tolérance et la fraternité ?

LE DIALOGUE ORIENT-OCCIDENT, LES DIFFERENTES SPIRITUALITES ET LES RELIGIONS

« Pour que le dialogue existe entre les cultures, il faut qu’il y ait des différences, à défaut de quoi il n’y aurait plus échange mais monologue… », analyse Antoine Sfeir. Le pire pour une culture est d’être stationnaire, en voie d’appauvrissement, comme pourrait-être le sort d’une culture « Euro-Américaine » s’arrogeant le droit de parler au nom de l’Occident tout entier. « Culture globalisante mais néanmoins hypertrophiée et prétentieuse, se prenant pour le nec plus ultra (plus rien au-delà) de la culture, elle n’aurait plus qu’à se regarder dans le miroir faute d’étrangers à qui parler et surtout écouter ». Somme toute une forme d’extrémisme, une négation de l’altérité. A contrario, il est nécessaire de mettre en parallèle la problématique d’un certain Islam manipulé ou récupéré, qui tente de déborder les services publics dans les domaines de la vie quotidienne, et des solutions à trouver pour vivre ensemble dans le respect de la non discrimination et des valeurs de la laïcité.

L’ENJEU DE L’HUMANISME EUROPEEN ET LA QUESTION DES DROITS DE L’HOMME

Les droits de l’homme s’affirment universels par leur énoncé, leur registre ne cesse de s’étendre, mais le discours sur les droits de l’homme devient de plus en plus ambigu ! Selon Hannah Arendt, « le droit d’avoir des droits, fondement d’une communauté politique agissante » se déduit de l’appartenance au droit humain, mais n’est garanti que par le statut de citoyen. Il relève de l’action collective, du travail des sociétés sur elles mêmes. Il se fonde dans la pluralité humaine, ce que tend à effacer la vision « droit de l’hommiste du monde ».
Le modèle de l’Europe, grande invention du XXème siècle, est-il exportable ?
Dans le bassin méditerranéen, les populations chrétienne, juive et musulmane ont beaucoup en commun. Mais cependant, c’est le thème de l’Orient compliqué qui ressort, le monde Arabe et Musulman étant loin de cohabiter. En Afrique, où l’ethno-diversité est considérable et d’où émerge pourtant un sentiment d’appartenance nationale, l’idée d’une identité culturelle de l’Afrique Noire peine encore à se construire.

Plus que jamais, les civilisations s’entrechoquent et se mêlent. Essayons donc d’apporter des éléments de réponse à cette question fondamentale de l’humanité : dialogue ou conflit ?
De plus en plus, les civilisations s’influencent ou s’affrontent. Cependant, il n’existe plus un seul centre, mais plusieurs. La mondialisation nous conduit inéluctablement vers une modernité métisse : cultures et civilisations s’interpénètrent. Ce remodelage planétaire crée partout des angoisses identitaires et des risques de communautarisme.

"Positivons cependant, car depuis environ 20 ans, nous vivons une mutation accélérée et prodigieuse, scandée par au moins 4 révolutions qui ont totalement bouleversées tous les domaines de la vie humaine" :
- Une révolution économique, avec la mondialisation,
- Une révolution numérique,
- Une révolution génétique, qui transforme nos rapports à la vie,
- Une révolution écologique, avec la prise de conscience que nous ne pouvons plus nous
développer comme nous le faisons depuis des millénaires…

«Désormais, il nous faudra nous développer en tenant compte de tous ces facteurs pour faire progresser l’humanité vers le dialogue et vers la paix », souligne A.Sfeir, avant de rappeler le discours du Caire du Président Obama, qui a suscité un énorme espoir dans le monde musulman. « Avec une anecdote, mais que je trouve pour ma part merveilleuse : les gamins palestiniens de Ramallah, au lendemain du discours du Caire, arboraient fièrement des t-shirts avec la mention explicite : « We love America. Thank you Obama » déclare avec émotion M. Sfeir. "Tout reste possible. Nous attendons aujourd’hui un pendant du discours du Caire, à destination d’Israël", expliquant que le "message n’est pas anti-juif, mais qu’il est pour la paix".

Dimanche 11 Avril 2010 - 21:25

Didier Lacaze




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