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Le PS de Martine Aubry piégé par la Burqa


Mercredi 12 Mai 2010 modifié le Mercredi 12 Mai 2010 - 14:14




Le PS de Martine Aubry piégé  par la Burqa
Lorsque l’idée d’interdire par voie législative le port de la Burqa en France fut lancée par le patron des députés UMP Jean François Copé et reprise au vol par Nicolas Sarkozy, les interrogations fusaient de partout : Quels intérêts politiques le président de la république a-t-il à accorder une centralité aussi aigue et une urgence aussi absolue à une affaire ultra minoritaire qui ne touche qu’une marge presque invisible, artificiellement folklorique, des musulmans français ? Il y avait bien entendu deux raison objectives et conjoncturelles.


La première est que cette affaire intervient dans le sillage d’un sulfureux débat sur l’identité nationale animé par le nouveau converti au Sarkozyme Eric Besson et dont la conséquence immédiate était d’avoir libéré la parole xénophobe. La seconde raison est que la météo sociale était à l’orage, la crise économique et financière persistait à souffler un vent de panique sur la société français. Un débat aussi clivant que celui de la Burqa peut offrir un défouloir et évacuer, ne serait-ce que provisoirement, une grande partie des angoisses.


Et si en plus l’ensemble de l’opération se déroule en parvenant à siphonner les sympathisants de l’extrême droite, les penseurs de cette stratégie auraient réussi le Grand Chelem. Avec le recul, il parait évident que l’opération Burqa n’a pas atteint tous les objectifs escomptés. Sauf celui, loin d’être prioritaire au début, de mettre l’opposition socialiste en particuliers et la gauche en général dans une posture inconfortable.


Lorsque Nicolas Sarkozy avait commencé à agiter le chiffon noir de la Burqa, l’opposition s’est mise à dénoncer la politique politicienne d’un homme prêt à se saisir de tout pour camoufler l’échec de sa gouvernance, détourner l’attention des français des vrais raisons de leurs malaises.


Passé ce temps de dénonciations et d’imprécations, l’opposition s’est trouvée face à la détermination d’un homme qui ne craint ni le conseil d’Etat ni les Conseil Constitutionnel, prêt à aller jusqu’au bout de sa logique à différer toutes les affaires pour accorder une urgence absolue à une loi qui interdit le voile intégrale sur l’ensemble du territoire français.


Plus le duo Copé/ Sarkozy insistait sur la nécessité de légiférer pour une interdiction générale, plus l’opposition, notamment socialiste, en savait plus à quel saint se tourner pour formuler une solution alternative. Celle qui a été trouvé en cours de chemin et de préconiser une interdiction qui se limiterait aux services publics. Martine Aubry a eu l’occasion de présenter son argumentation : « Nous pensons qu'interdire (le voile intégral) sur l'ensemble de l'espace public ne sera pas opérant, risque d'être stigmatisant et surtout risque d'être inefficace car totalement inappliqué ».


Cette clarté du propos cache un vrai malaise. L’opposition redoute que Nicolas Sarkozy ne tente, en la sommant de se déterminer avec cette rapidité, de la faire passer pour plus tolérante à l’égard des extrémismes. Le piège de la Burqa s’est enfermé sur Martine Aubry, chef de l’opposition : Ou donner raison à Nicolas Sarkozy et donc renforcer « sa renaissance » sécuritaire ou le contredire et risquer de passer pour une alliée objective des forces obscures qui rêvent d’islamiser la France. Tout un dilemme.

Mustapha Tossa
Mercredi 12 Mai 2010 - 13:43

(Pour Atlasinfo et Aujourd'hui Le Maroc)




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