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Le Maroc est le maillon fort contre l’extrémisme




Le royaume a renforcé sa coopération avec la France en matière de formation des imams officiant sur le territoire national.




On a pu parler d’exception marocaine en raison de la stabilité de ce pays dans une partie du monde particulièrement tourmentée. Cette exception se manifeste aussi par l’efficacité de la lutte antiterroriste et anti-extrémiste. Le Maroc a une action très concrète pour la stabilité de la région sahélo-saharienne. Ses services sécuritaires, dont la compétence est reconnue, fournissent une assistance technique de premier ordre aux pays africains et coopèrent étroitement avec les services des pays européens, notamment la France, la Belgique et l’Espagne.

Le Royaume a également une position très claire contre l’extrémisme religieux. Le roi est le Commandeur des croyants et, à ce titre, le chef de file de l’Islam modéré et le seul habilité à fixer le cap du champ religieux. Il est donc le plus apte à contrer la propagande des charlatans qui ont pris l’Islam en otage à des fins politiques. La réponse à cette radicalisation ne peut être seulement sécuritaire mais elle consiste encore à déconstruire la propagande radicale en se plaçant sur le terrain cognitif et en enseignant les principes fondamentaux.

Déviance extrémiste

L’action conduite sous l’autorité du roi place le Maroc en pointe dans la lutte contre la déviance extrémiste. Le Maroc joue aussi un rôle déterminant par l’intermédiaire de son influence sur les grandes confréries (Tijaniya, Qadiriya, Boutchichiya…) qui sont des remparts contre le fanatisme. Le souverain a voulu intensifier le programme de formation d’imams dans divers pays pour aider à combattre la propagation de l’extrémisme. Il a créé, en mars 2015, un Institut Mohammed VI destiné à la formation des Imams, dont il faut souligner qu’il a recours aux méthodes les plus modernes pour promouvoir un islam du juste milieu conforme aux valeurs d’ouverture et de tolérance. Cet institut accueille déjà des centaines d’imams africains.

Désormais, confrontées au défi de la formation des imams pour les musulmans de France, les autorités françaises s’intéressent au modèle marocain. En mars 2015, le Premier ministre a fait l’éloge à Rabat de l’effort de formation accompli par le Royaume et il a exprimé le souhait de son gouvernement de renforcer la coopération avec le Maroc dans ce domaine. Lors de la visite du président français, les 19-20 septembre, la France et le Maroc ont signé une déclaration relative à la coopération en matière de formation d’imams au nouvel institut Mohammed VI. L’idée serait, à partir d’une sélection assurée par l’Union des mosquées de France, de former les futurs enseignants des structures qui devront être créées en France, avec des organismes de droit français, afin de délivrer une formation théologique de haut niveau complétée par un enseignement sur l’histoire, le droit, la laïcité, la sociologie religieuse, etc.

C’est dans ce contexte que le président français a pu déclarer qu’une coopération avec le Maroc « pourrait nous aider à développer un islam de France compatible avec les valeurs républicaines ». De fait, seul le Maroc, maillon fort contre l’extrémisme, apporte la compétence et la crédibilité requises pour enfin créer un corps d’imams et d’aumôniers dont la France a besoin. C’est pourquoi, la coopération avec Rabat est véritablement stratégique.

Charles Saint-Prot est universitaire et directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques.

Mardi 1 Mars 2016 - 09:43



Mardi 1 Mars 2016 modifié le Mercredi 2 Mars 2016 - 11:49

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