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Le Maroc condamne fermement l'attaque contre son ambassade à Damas


Mercredi 16 Novembre 2011 modifié le Mercredi 16 Novembre 2011 - 18:12




Le Maroc condamne fermement l'attaque contre son ambassade à Damas
Le Maroc a fermement condamné, mercredi, les attaques contre l'ambassade du Royaume à Damas et d'autres représentations diplomatiques arabes et occidentales.

"Au nom du gouvernement de SM le Roi, nous condamnons fermement les attaques ayant visé nombre de représentations diplomatiques arabes en Syrie, notamment les ambassades du Maroc et de la Turquie", a déclaré le ministre des affaires étrangères et de la coopération, M. Taib Fassi Fihri, lors d'un point de presse à l'issue de la 4e session du Forum de coopération arabo-turque.

Des dizaines de syriens s'étaient rassemblés, plutôt dans la journée, devant l'ambassade du Maroc à Damas et quatre d'entre eux ont pénétré dans l'enceinte du bâtiment.

Selon l'ambassadeur du Maroc, Mohammed Khassassi, "entre 100 et 150 personnes ont manifesté devant l'ambassade mercredi après-midi, s'en sont prises à la chancellerie à coups de pierre et d'oeufs et ont agi d'une façon irresponsable en s'attaquant également au drapeau marocain".

Plusieurs représentations en Syrie avaient été attaquées samedi par des partisans du régime, après la décision par la Ligue arabe de suspendre la Syrie des travaux de l'instance panarabe.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a présenté lundi les excuses de son pays pour ces attaques contre les missions diplomatiques.

"Je m'excuse à ce sujet et j'exprime l'espoir que cela ne se répètera pas. Nous sommes responsables, conformément au Traité de Vienne, de la sécurité des ambassades et je présente mes excuses pour ce qui s'est passé", a-t-il déclaré.


Le siège de la Syrie vide à Rabat

La Ligue arabe se réunit ce mercredi à Rabat au Maroc, en l'absence de représentants du gouvernement de Damas, pour confirmer la suspension effective de la Syrie pour cause de répression des manifestations contre le régime de Bachar al Assad.

En tout début de journée, des déserteurs de l'armée syrienne ont attaqué un complexe des services de renseignements situé à la périphérie de Damas.

La France a, quant à elle, rappelé son ambassadeur en Syrie pour protester contre les violences et travaille avec la Ligue arabe pour faire adopter au Conseil de sécurité de l'Onu un nouveau projet de résolution condamnant la Syrie.

"A compter du 16 novembre, nous appliquerons la suspension de la participation de la Syrie à la Ligue arabe", a déclaré à Reuters le chef de la diplomatie marocaine, Taib Fassi Fihri.

Le fauteuil de la Syrie est resté vide alors que se tenait à Rabat un forum arabo-turc. Le chef de la diplomatie d'Ankara, Ahmet Davutoglu, a accusé Damas de ne pas avoir respecté un plan de sortie de crise élaboré par l'organisation panarabe.

Le ministre turc a comparé la situation en Syrie à celle de la Libye, où des rebelles ont renversé et tué Mouammar Kadhafi. "Le régime (syrien) devrait satisfaire les exigences de son peuple. Les massacres collectifs (...) et le bain de sang ne peuvent pas continuer comme cela".

A Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a accusé la Ligue arabe d'"agir de façon à nuire à la sécurité de la région". L'Iran est l'un des rares soutiens du régime de Damas.

L'Arabie saoudite, grand rival de la République islamique dans la région, a pris une position opposée en affirmant que la Ligue arabe agissait dans les intérêts de la Syrie, sans s'ingérer dans ses affaires intérieures.

"Ce qui est important, ce n'est pas de suspendre ou de ne pas suspendre (la Syrie de la Ligue). C'est d'enrayer le bain de sang, d'engager le dialogue et de retirer les troupes syriennes des villes", a dit à la chaîne de télévision Al Arabiya le prince Saud al Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères.

Les pays occidentaux ont durci leurs sanctions à l'égard de Damas et lundi, le roi Abdallah de Jordanie est devenu le premier chef d'Etat arabe à inviter Bachar al Assad à quitter le pouvoir.

A Paris, Alain Juppé a annoncé le rappel de l'ambassadeur de France, la fermeture des consulats à Alep et Lattaquié et des instituts culturels français.

"L'étau se resserre autour de ce régime complètement autiste qui continue à pratiquer une répression sanglante", a déclaré à l'Assemblée nationale le ministre français des Affaires étrangères.

L'orateur a annoncé que Paris travaillait avec la Ligue arabe pour faire adopter par l'Onu un nouveau projet de résolution contre la répression. Un premier texte a été rejeté le mois dernier à la suite du véto de la Russie et de la Chine.

Mercredi, des partisans du président syrien ont lapidé l'ambassade des Emirats arabes unis à Damas en badigeonnant sa façade d'inscriptions injurieuses, rapportent des témoins.

Pour la première fois depuis le début du soulèvement populaire mi-mars, une installation militaire des environs de Damas a été attaquée tôt mercredi par des déserteurs de l'armée syrienne, selon des militants de l'opposition.

Des membres de l'"Armée syrienne libre" ont procédé à des tirs de roquette et de mitrailleuse sur l'installation des services de renseignement de l'armée de l'air située au nord de la capitale vers 00h30 GMT.

L'attaque a été suivie d'une fusillade et des hélicoptères ont survolé la zone, ont indiqué des sources proches de l'opposition. On ne signale pas de victimes, et les médias officiels syriens ont passé sous silence cette attaque.

Pour un diplomate occidental en poste à Damas, cette attaque est "très symbolique et témoigne d'une tactique nouvelle". "Il ne s'agit pas d'une guerre civile à l'échelle nationale mais, dans certaines zones, cela commence à y ressembler", dit-il.




Mercredi 16 Novembre 2011 - 16:59





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