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Le Maghreb mise sur clients et investisseurs des pays émergents pour rebondir


Mardi 18 Septembre 2012 modifié le Mardi 18 Septembre 2012 - 18:56

Pour compenser les effets du printemps arabe et de la crise qui frappe de plein fouet les touristes européens, le Maroc et la Tunisie veulent « ajuster » leur politique touristique.




Tenir la barre malgré la tempête. Tel est l'état d'esprit des ministres tunisien et marocain du Tourisme, de passage à Paris pour le Salon professionnel, Top Resa. Car, après les printemps arabes et la crise des pays européens - principaux émetteurs de touristes vers le Maghreb -, la colère de la rue arabe suite à la diffusion du film islamophobe qui a fait le tour du monde risque de peser sur un secteur qui a déjà beaucoup souffert.
« On n'avait pas besoin de cela », glisse le ministre tunisien Elyes Fakhfakh - les manifestations ont fait quatre morts à Tunis, vendredi. Cela « peut » compromettre l'objectif du pays d'atteindre 6 millions de touristes en 2012, admet-il. Certes, ceux-ci sont venus plus nombreux cette année qu'en 2011, mais la Tunisie n'a pas retrouvé son niveau de 2010. L'écart reste de 17 % en moyenne, la France enregistrant le plus gros retard, avec 27 % d'entrées de touristes en moins. Elyes Fakhfakh se veut néanmoins confiant. Tout comme son homologue marocain, Lahcen Haddad. « On va tenir le cap des 18 à 20 millions de touristes au Maroc annoncés pour 2020, mais il y a des ajustements à faire », nuance ce dernier.
Tunis compte sur les pays du Golfe
Les deux pays affirment vouloir « consolider » la présence touristique traditionnelle, tout en voulant s'attaquer aux pays émergents. Le Maroc mise en priorité sur la Chine et le Brésil, « où une classe moyenne se développe et voyage ». La Tunisie, qui a un projet de ligne aérienne directe avec la Chine, fait la même analyse. Les deux pays cherchent aussi à relancer des investissements touristiques qui se sont effondrés. La Tunisie, où ils ont chuté de 40 % depuis 2010, s'emploie à réviser son code des investissements. Le Maroc a annoncé des fonds de soutien à l'industrie touristique et envisage une prime d'investissement de 20 % sur certains projets pour 2013. Lahcen Haddad présente le Maroc comme un « pays refuge » pour des investisseurs arabes qui rencontrent des difficultés en Egypte, en Libye et en Syrie. La Tunisie mise, elle aussi, sur les investisseurs du Golfe. Le Qatar a déjà promis d'investir à Tozeur, dans le désert tunisien.
Les deux pays n'excluent pas de travailler ensemble. Une réunion entre les deux ministres est prévue en ce sens d'ici à la fin de l'année.

Mardi 18 Septembre 2012 - 17:59

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