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Le Charles-de-Gaulle a-t-il ignoré les appels à l’aide de migrants africains?


Lundi 9 Mai 2011 modifié le Lundi 9 Mai 2011 - 17:44

Selon «The Guardian», le porte-avions français aurait décidé de ne pas secourir un navire de migrants à la dérive au large de la Libye. 61 d'entre eux sont morts. L'Otan dément.




Le Charles-de-Gaulle a-t-il ignoré les appels à l’aide de migrants africains?
Le quotidien britannique The Guardian accuse plusieurs navires militaires européens et de l’Otan de n’avoir pas porté secours à un bateau à la dérive de migrants africains qui fuyaient les combats libyens. Sur 72 personnes à bord, 61 sont mortes, faute d’assistance. Parmi eux, des femmes et des enfants. Selon le journal anglais, «malgré les alertes des garde-côtes italiens et les contacts du bateau avec au moins un navire militaire de l’Otan et un hélicoptère, aucun sauvetage n’a été tenté».

Les migrants, partis de Tripoli le 25 mars, auraient rapidement appelé le père Moses Zerai, qui dirige à Rome l’organisation de défense des droits des réfugiés, Habeshia, pour qu'il prévienne les garde-côtes italiens. Un hélicoptère serait venu dans la foulée survoler le bateau et aurait lancé des bouteilles d’eau et des paquets de gâteaux. Mais aucune aide maritime n’est venue.

Après avoir commencé à dériver, le 29 ou 30 mars l’embarcation serait passée à proximité d’un porte-avions, «si proche qu’il était impossible de la rater», selon le Guardian. Après enquête, le journal anglais affirme que c’était le Charles-de-Gaulle. «Selon les survivants, deux avions ont alors décollé du navire et volé lentement au-dessus du bateau tandis que les migrants se tenaient sur le pont, tenant à bout de bras les bébés affamés. Mais aucune aide n’est venue. Incapable de s’approcher plus près du porte-avions, l'embarcation a continué à dériver. A court de vivres, de carburant et sans possibilité d’appeler à l’aide, ils ont commencé à mourir un par un de soif et de faim.»

Le 10 avril, ils se sont finalement échoués sur une plage près de Misrata, en Libye. Il n’y avait plus que onze survivants.

L'Otan dément

Contacté par le Guardian, une porte-parole de l’Otan a affirmé qu’aucun navire de leur organisation n’avait été mis au courant. Sinon l'un d'eux serait forcément allé les secourir, comme le droit international les y oblige. Lundi après-midi, l'Otan a apporté de nouvelles précisions: «Un seul porte-avions était sous commandement de l'Otan à cette date, le navire italien Garibaldi, et il se trouvait à plus de 100 milles nautiques au large (...) Par conséquent, toute déclaration affirmant qu'un porte-avions de l'Otan a repéré puis ignoré le navire en détresse est fausse».

Joint par Rue89, l’état-major des armées françaises tient le même discours: «Nous n'avons pas croisé ce type d'embarcation. Nous nous serions évidemment portés à son secours. Nous ne sommes pas concernés. Il ne s'agit pas d'un bâtiment français.»

Selon le site internet spécialisé le portail des sous-marins, proche de la marine française, «si le Charles de Gaulle était peut-être le seul 'porte-avions' en Méditerranée orientale, ce n’était pas le seul 'porte-aéronefs' de l’Otan. L’USS Kearsarge, l’USS Ponce, des bâtiments amphibies de l’US Navy, participaient à cette date à l’opération Odyssey Dawn. Ils peuvent embarquer des avions à décollage vertical de type Harrier. Le porte-aéronefs italien Garibaldi était aussi présent au large de la Libye».

Lundi après-midi, la porte-parole de l'Otan a rappelé que leurs bâtiments avaient déjà sauvé «des centaines de vies en mer». Dans la nuit du 26 au 27 mars, des navires de l'Otan auraient ainsi secouru au total plus de 500 personnes dont les bateaux étaient en difficulté au large de la Libye.



Lundi 9 Mai 2011 - 17:40

Atlasinfo (avec Libération)




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