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Le BIT annonce un recul de 3% du nombre des enfants qui travaillent


Lundi 10 Mai 2010 modifié le Lundi 10 Mai 2010 - 10:17

Le nombre mondial des enfants qui travaillent a reculé de 222 à 215 millions, soit une baisse de trois pour cent, au cours de la période 2004 à 2008, qui montre un ralentissement du rythme de réduction à l'échelle globale, indique le Bureau international du Travail (BIT) dans son Rapport global quadriennal sur le travail des enfants, rendu public samedi.




Le BIT annonce un recul de 3% du nombre des enfants qui travaillent
Outre des préoccupations grandissantes quant à l'impact de la récession économique, le BIT avertit que les efforts déployés pour éliminer les pires formes de travail des enfants se relâchent et appelle à une campagne mondiale "redynamisée" pour faire cesser ces pratiques.

Le rapport souligne que la crise économique mondiale pourrait "freiner davantage" le progrès vers le but d'éliminer les pires formes de travail des enfants d'ici à 2016.

"Les progrès sont irréguliers: ni assez rapides, ni suffisamment étendus pour atteindre les buts que nous nous sommes fixés", a déclaré le directeur général du BIT, M. Juan Somavia. "Nous devons faire de nouveaux efforts à grande échelle. La situation exige une campagne redynamisée contre le travail des enfants. Nous devons amplifier notre action et passer à la vitesse supérieure", a-t-il insisté.

M. Somavia a ajouté que "la récession économique ne peut servir d'excuse pour réduire nos ambitions ni justifier notre inaction", mais "au contraire, elle offre l'occasion de mettre en oeuvre des mesures politiques efficaces pour la population, pour la reprise et pour un développement durable".

Le nouveau rapport du BIT, intitulé "Accélérer l'action contre le travail des enfants", est publié à la veille de la Conférence mondiale sur le travail des enfants organisée par le gouvernement néerlandais à La Haye en coopération avec l'OIT.

M. Somavia a indiqué que cette conférence mondiale qui doit examiner une nouvelle "feuille de route" pour l'élimination du travail des enfants, donnera un nouvel élan à la lutte coutre le travail des enfants.

Les enseignements du nouveau rapport contrastent avec la dernière évaluation quadriennale de 2006 qui dressait un tableau encourageant. Les nouveaux chiffres montrent une progression "irrégulière" vers l'objectif d'éradication des pires formes de travail des enfants d'ici à 2016.

L'avertissement est clair: si la tendance actuelle se poursuit, l'objectif de 2016 sera manqué, met en garde le rapport.

Le BIT fait néanmoins état d'une "bonne nouvelle", à savoir que le schéma d'ensemble de réduction du travail des enfants a été préservé: plus le travail est dangereux et les enfants impliqués vulnérables, plus le déclin est rapide.

Cependant, s'étonne le BIT, 115 millions d'enfants sont encore exposés à des "travaux dangereux", un qualificatif souvent utilisé pour évoquer les pires formes de travail des enfants.

Le rapport, qui analyse les données par âge et par sexe, précise que les progrès ont été plus substantiels parmi les enfants âgés de 5 à 14 ans, une tranche d'âge où le nombre d'enfants au travail a baissé de 10%.

Dans cette même tranche d'âge, le recul est de 31% pour les travaux dangereux. Parmi les filles, le travail des enfants a considérablement diminué (de 15 millions ou 15%). En revanche, note-il, il a augmenté parmi les garçons (de 8 millions ou 7%).

Le rapport fait état d'un autre chiffre alarmant : le nombre de jeunes gens âgés de 15 à 17 ans impliqués dans une activité économique a augmenté de 20%, passant de 52 à 62 millions.


Le BIT annonce un recul de 3% du nombre des enfants qui travaillent
Le Rapport global comprend aussi des données consolidées par régions et montre, à titre d'exemple, que l'Asie et le Pacifique comme l'Amérique latine et les Caraïbes continuent de réduire le travail des enfants, alors que l'Afrique subsaharienne a connu une hausse tant en termes relatifs qu'absolus.

Cette région est aussi caractérisée par la plus forte proportion d'enfants qui travaillent, avec un enfant sur quatre enrôlé dans le travail des enfants, regrette le BIT.

Constance Thomas, chef du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) de l'OIT, cité par le document, a souligné quelques-uns des défis majeurs à relever dans la lutte contre le travail des enfants: l'ampleur du problème en Afrique, les progrès nécessaires dans l'agriculture - secteur qui emploie le plus grand nombre d'enfants - et la nécessité de s'attaquer aux formes "dissimulées" du travail des enfants, qui figurent souvent parmi ses pires formes.

"Le problème du travail des enfants prend ses racine dans la pauvreté. La méthode à suivre pour régler le problème est claire. Nous devons nous assurer que tous les enfants ont la possibilité d'aller à l'école, nous avons besoin de systèmes de protection sociale qui assistent les familles vulnérables - particulièrement en période de crise - et nous devons veiller à ce que les adultes aient accès à un travail décent. Ces mesures, combinées avec un respect effectif des lois qui protègent les enfants, sont la voie à suivre", a explique Mme Thomas.

Le programme IPEC de l'OIT fut initié en 1992. En 2008-2009, il était opérationnel dans plus de 90 pays.
Lundi 10 Mai 2010 - 10:02

Source Aufait




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