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Laurent Fabius gagne la bataille de la diplomatie économique




Alors que François Hollande s'activait en coulisses à démanteler Jean Marc Ayrault de Matignon et à y introniser Manuel Valls, deux hommes, assurés de figurer dans le casting gouvernemental, se livraient une guerre souterraine sans merci. Il s'agit de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères dont le nom avait, un moment, circulé avec insistance comme possible chef de gouvernement. Fabius fut dans une autre vie le plus jeune premier ministre nommé par François Mitterrand. À l'autre bout de la corde, Arnaud Montebourg, ex-ministre du Redressement productif, champion du "made in France" qui a vu son périmètre d'influence économique élargi.

Par Mustapha Tossa




Sujet de ce bras de fer, le contrôle du Commerce extérieur. La chronique politique française raconte que le suspense à régné jusqu'à l'attribution finale et que l'opération a nécessité l'arbitrage de Manuel Valls et de François Hollande. Au bout de cette bataille d'influence, Laurent Fabius sort vainqueur et récupère le périmètre tant convoité, avant de le confier à une Secrétaire d'Etat Fleur Pellerin, tout droit venue de l'économique numérique.

Le Commerce extérieur fut donc rattaché aux Affaires étrangères. Une première dans la cinquième république qui est passée relativement inaperçue à cause de la grande performance de Manuel Valls d'avoir réussi à se rendre incontournable à François Hollande alors que le verdict des urnes municipales imposait un autre profil et une autre politique. Pour la première fois donc le Quai d'Orsay va se transformer officiellement en "maison des entreprises françaises" et que son locataire Laurent Fabius va pouvoir revendiquer ouvertement une "diplomatie économique".

Il est vrai que l'activité diplomatique basée sur la vente du "Label France" à travers le monde fait partie depuis longtemps des préoccupations du ministère des Affaires étrangères. Tous les ministres qui se sont succédés à la tête de cette prestigieuse administration ont fait de cette "obsession " leur cheval de bataille pour dynamiser leurs troupes et leur redonner du sens et une mission d'une autre envergure.

Laurent Fabius n'est pas à son premier coup d'essai. Depuis 2012, il tisse sa toile avec patience et efficacité pour préparer la récupération de ce ministère. Il commence par désigner des représentants spéciaux pour traiter avec différentes zones du monde. Il choisit à titre d'exemple Martine Aubry pour la Chine, Jean-Pierre Raffarin pour l’Algérie ou Jean-Pierre Chevènement pour la Russie...Tous chargés de labourer le terrain, de construire des réseaux et faciliter l'implantation des entreprises françaises.

Devant cette nouvelle donne, deux approches s'imposent pour éclairer la situation. La première y voit une logique politique d'une grande efficacité. À l'image de nombreuses puissances économiques comme les USA, le Japon ou la Chine pourquoi en effet, mondialisation oblige, ne pas mettre l'influence diplomatie au service direct de la croissance économique? Le Quai d'Orsay se transforme en un outil dont la mission première est de faciliter l'implantation des entreprises françaises à travers le monde, leurs conquêtes de nouvelles parts de ce marché mondial et participe ainsi directement à la croissance économique qui fait tant défaut actuellement à la machine française.

La seconde approche rassemble les sceptiques... Comment confier une tâche aussi vitale, aussi énergique, à une administration connue pour abriter des cadres contraints dans leurs démarches, habitués à la retenue, là où il faut de la décision rapide et de la prise de risque?

En accordant à Laurent Fabius ce qu'il demandait depuis longtemps, François Hollande et Manuel Valls font le pari que le ministère des Affaires étrangères peut apporter une réelle plus value à l'économie français. Il ne leur faudrait pas beaucoup de temps pour vérifier la pertinence de leur choix. Les experts ont évalué le déficit de la balance du commerce extérieur à 60 milliards d'euros. Si Laurent Fabius parvient à diminuer ce déficit, il aura prouvé que la stratégie de coupler de manière organique les Affaires étrangères au Commerce extérieur est la plus efficace...Dans le cas contraire, les faiblesses du troisième réseau diplomatique mondial seront pointées par les adversaires d'un tel rapprochement.


Vendredi 11 Avril 2014 - 10:18



Vendredi 11 Avril 2014 modifié le Vendredi 11 Avril 2014 - 20:57

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