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Lapidation: la France veut "sauver Sakineh d'une mort atroce"


Vendredi 20 Août 2010 modifié le Vendredi 20 Août 2010 - 16:21




Lapidation: la France veut "sauver Sakineh d'une mort atroce"
La France "ne ménagera aucun effort pour sauver d'une mort atroce" l'Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani, condamnée à la lapidation pour adultère et complicité de meurtre, a affirmé vendredi le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.

"Nous ne ménagerons aucun effort pour sauver Sakineh d'un sort atroce. J'appelle les autorités iraniennes à entendre la voix de la communauté internationale et la mobilisation des sociétés civiles", a déclaré Bernard Kouchner dans un communiqué. "La lapidation est un traitement barbare, cruel et inhumain. J'appelle instamment l'Iran à l'abolir", a-t-il poursuivi, ajoutant que "dès l'annonce de cette condamnation, la France s'est mobilisée pour sauver cette femme de la mort".

"Je souhaite réitérer aujourd'hui, a ajouté Bernard Kouchner, l'appel solennel de la France à la République islamique d'Iran à surseoir à l'exécution" de cette femme de 43 ans, mère de deux enfants. La République islamique doit "respecter les engagements internationaux qu'elle a contractés, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prescrivent que la peine de mort, quand elle est appliquée, doit être réservée aux crimes les plus graves et que nul ne peut être soumis à des traitement cruels, inhumains ou dégradants", a-t-il rappelé.

"La France, comme l'ensemble de ses partenaires de l'Union européenne, est opposée à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Nous demandons aux autorités iraniennes d'établir un moratoire général sur les exécutions, en vue d'une abolition à terme de la peine capitale", a-t-il dit.

La condamnation à mort, notamment pour adultère, de Sakineh Mohammadi-Ashtiani a suscité une forte mobilisation en France et internationale qui s'est encore accrue ces derniers jours. Selon le philosophe Bernard-Henri Lévy, le président Nicolas Sarkozy en fait "une affaire personnelle" et pourrait bientôt "prendre des initiatives". De nombreuses personnalités et le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand ont signé une pétition de soutien à Sakineh, qui reçoit de 1.800 à 2.000 signatures par jour.

Cette Iranienne de 43 ans, mère de deux enfants et d’origine azeri, est accusée d’avoir eu des relations avec deux hommes après la mort de son mari et d’être complice du meurtre de ce dernier.

Sakineh a été condamnée à mort par lapidation en 2007. Sa lapidation, prévue initialement le 9 juillet, a été suspendue par les autorités iraniennes.

Ce sont les aveux présumés de Sakineh qui ont suscité émotion et mobilisation. Dans une interview télévisée diffusée le 11 août sur une chaîne iranienne, recouverte d’un tchador noir qui ne laissait paraître qu’un seul oeil et un nez, elle reconnaît avoir assisté au meurtre de son mari, commis par le cousin de celui-ci, avec lequel elle avait eu une relation. Les avocats de Sakineh ont dénoncé des aveux extorqués sous la violence, en affirmant que leur cliente avait été frappée et torturée jusqu’à ce qu’elle accepte de témoigner devant la caméra. Condamnée en 2006 à 99 coups de fouet qu’elle a déjà subis, Sakineh a vu ensuite sa condamnation à mort confirmée en appel en 2007. Le 6 août, dans une interview au quotidien britannique « The Guardian » réalisée grâce à un intermédiaire présent sur place, elle a dénoncé les mensonges des autorités iraniennes. « J’ai été reconnue coupable d’adultère mais acquittée du meurtre. L’homme qui a tué mon mari a été identifié et emprisonné mais pas condamné à mort. » Pourquoi cette différence de traitement ? « C’est parce que je suis une femme, répond-elle, et que dans ce pays ils pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec les femmes. » Revenant sur les conditions de son procès, elle a expliqué qu’elle n’a pas compris le mot arabe utilisé pour désigner la lapidation. Elle a signé la sentence. « Quand je suis retournée en prison et que mes codétenues m’ont avertie que j’allais être lapidée, je me suis immédiatement évanouie. »

Emprisonnée depuis quatre ans, Sakineh raconte avoir subi de fortes pressions des autorités : « Ils ont essayé de convaincre mon esprit que j’étais une femme adultère, une mère irresponsable, une criminelle, mais avec le soutien international, une fois de plus, je me suis retrouvée moi, innocente. » Sakineh a adressé une dernière requête : « Ne les laissez pas me lapider devant mon fils. » Le verdict des autorités iraniennes est attendu dans les prochains jours.


Vendredi 20 Août 2010 - 16:08

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