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La stabilité du Maroc, une exception en Afrique du Nord (presse)


Lundi 11 Février 2013 modifié le Mardi 12 Février 2013 - 18:08

Le Maroc représente un îlot de croissance et de stabilité institutionnelle contrastant avec les agitations égyptienne et tunisienne.




Alors que deux des pays-phares du printemps arabe, l'Egypte et la Tunisie, sont saisis de nouvelles convulsions, le Maroc ressemble à un îlot de stabilité. Le Forum de Paris, qui a rassemblé la semaine dernière 750 chefs d'entreprise et hommes politiques à Casablanca, a rappelé le dynamisme d'une économie attirant les investisseurs étrangers grâce à sa stabilité institutionnelle

Le Maroc a été à peine effleuré par la vague révolutionnaire et pourrait, comme d'ailleurs nombre de ses voisins plus au sud, bénéficier d'une croissance de 5,5 % cette année, selon le Fonds monétaire international, même si Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières, juge cette prévision trop optimiste. Le pays dépend en effet de la zone euro en plein marasme (les deux tiers de son commerce extérieur sont réalisés avec seulement trois pays, dans l'ordre, France, Espagne, Italie). Les transferts de la diaspora marocaine en Europe ont d'ailleurs baissé de 4 % l'an dernier et les exportations de pièces automobiles, électroniques ou textiles de 4 à 8 %".

Déficits public et courant

En outre, le ministre de l'Economie et des Finances, Nizar Baraka, reconnaît auprès des « Echos » que son pays souffre d'un double déficit, budgétaire et de la balance des paiements, du fait notamment d'un doublement de la facture énergétique en quelques années. Mais le pays compte améliorer rapidement sa compétitivité, grâce à une main-d'oeuvre bon marché. Il s'appuie pour cela sur ses points forts traditionnels, l'agriculture, les centres d'appels, l'automobile, le textile, l'aéronautique, tout en se diversifiant dans la pharmacie et les énergies renouvelables (le Maroc abrite la plus grande ferme éolienne du continent). Le pays doit aussi accélérer la création nette d'emplois, évaluée officiellement à 110.000 l'an dernier, compte tenu de la progression démographique. Le niveau de chômage des jeunes et la pauvreté demeurent en effet préoccupants. Le gouvernement a décidé en conséquence de réduire la pression fiscale des très petites entreprises, en ramenant leur taux d'imposition des bénéfices de 30 à 10 %. En outre, l'Etat exonère pendant un an les charges sociales du salaire de tout jeune embauché en CDI.
Une politique libérale sur le plan économique conforme aux orientations du Parti de la justice et du développement (PJD) porté au pouvoir pour la première fois lors des législatives de novembre 2011. Un parti à l'agenda d'islamisation de la société au demeurant relativement modeste.


Y. B. (à Casablanca)

Lundi 11 Février 2013 - 14:04

Source Les Echos




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