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La réforme des retraites "totalement à notre portée" (Ayrault)


Vendredi 14 Juin 2013 modifié le Vendredi 14 Juin 2013 - 17:52

Le rapport Moreau sur les retraites remis aujourd'hui préconise un effort partagé entre les retraités, les actifs et les fonctionnaires. Le Premier ministre appelle au "courage" et à "l'efficacité".




La réforme des retraites "totalement à notre portée" (Ayrault)
La réforme des retraites, qui fera l'objet d'un projet "à la fin de l'été" est "totalement à notre portée", moyennant des efforts qui ne seront "pas écrasants" pour les Français, a déclaré Jean-Marc Ayrault.

Le Premier ministre français a reçu des mains de Yannick Moreau un rapport présentant diverses hypothèses pour réformer le système de retraites, qui fera l'objet d'un débat avec les partenaires sociaux à partir de la semaine prochaine.

Ce rapport laisse au gouvernement "toute liberté de choix", a dit Jean-Marc Ayrault dans une déclaration dans la cour de Matignon. "Si nous savons faire preuve de courage et de lucidité et surtout rester fidèles aux valeurs qui ont fondé ce régime de retraite par répartition, nous pouvons parfaitement affronter les difficultés", a dit le chef du gouvernement.

La réforme à venir est "totalement à notre portée", les efforts à faire ne seront "pas écrasants", a-t-il insisté, annonçant un projet basé sur la "continuité" et la "justice".

Il a souhaité une concertation "dense, riche et en même temps sincère" avec les partenaires sociaux et refusé par avance «toute opposition" entre différentes catégories de Français, actifs et retraités par exemple.

Appelant au "courage" et à "l'efficacité", Jean-Marc Ayrault a estimé que cette réforme des retraites, à laquelle la gauche ne s'est jamais attaquée, demande "des efforts à faire mais ces efforts" qui "ne seront pas écrasants, ils seront guidés par la continuité et la justice", a-t-il promis, ajoutant que le gouvernement aborderait les questions des "petites retraites", des pensions des femmes ou de la pénibilité.

Pour combler un déficit de l'ensemble des régimes de retraites estimé à 20 milliards d'euros en 2020, le rapport de la Commission d'experts propose de faire au total 7 milliards d'économies.
Il propose de répartir l'effort soit à parts égales entre actifs et retraités, soit à hauteur de 2/3 pour les actifs et 1/3 pour les retraités.

44 années de cotisation à terme

Pour tous les salariés, qu'ils soient du privé ou du public, la Commission propose "une accélération des durées d'assurance" pour obtenir une retraite à taux plein.

Alors que les salariés nés en 1955 et 1956 doivent cotiser actuellement 41,5 ans pour obtenir le taux plein, le rapport suggère de faire cotiser 43 ans ceux nés à partir de 1962 et 44 ans pour ceux nés à partir de 1966. Un scénario alternatif, qui générerait moins d'économies, consisterait à faire cotiser 42,25 ans à partir de la génération 1961.

En revanche la Commission juge "peu opportun" de reculer encore les bornes d'âge. Elles ont déjà été déplacées en 2010 de 60 à 62 ans pour l'âge légal de départ et de 65 à 67 ans pour le taux plein.

Pour les pensions des retraités actuels, la Commission prévoit "une sous-indexation exceptionnelle à titre transitoire" à l'image de ce qui a été fait pour les retraites complémentaires: désindexation de 1 point (de moins que l'inflation) en 2014 et 2015 pour les pensions soumises à la CSG, ou bien de 0,5 à 1,2 point, ou une sous-indexation pour l'ensemble des retraités. Mais le rapport recommande d'épargner les petites retraites.

Elle innove aussi en proposant de modifier "l'indexation des salaires portés au compte", pour les futures pensions: c'est-à-dire de diminuer légèrement le montant des salaires des actifs qui compteront pour la retraite, d'un montant de 1,2 point pendant les années 2014 à 2016.

Le syndicats remontés contre le projet de réformes

Plusieurs syndicats, dont la CGT et FO, sont montés au créneau pour dire que toucher au mode de calcul des retraites des quelque 5,2 millions de fonctionnaires serait un "casus belli". Les auteurs du rapport se disent d'ailleurs conscients "du caractère historique du mode de calcul actuel".

La CGT a ainsi affirmé que le débat sur l'avenir de retraites doit "s'engager sur d'autres bases" que celles avancées par ce texte et prévient qu'elle va construire les "mobilisations" nécessaires pour assurer le "progrès social". Dans ce rapport "de vraies questions sont abordées" mais "les principales pistes évoquées n'augurent rien de bon et nous regrettons qu'aucune des propositions portées par la CGT n'ait été reprise", affirme la centrale dans un communiqué.

Vendredi 14 Juin 2013 - 13:28





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