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La mosquée d'Istres cible d'un mitraillage


Lundi 26 Avril 2010 modifié le Lundi 26 Avril 2010 - 23:38

La mosquée d'Istres (Bouches-du-Rhône) a été la cible d'une trentaine d'impacts dans la nuit de samedi à dimanche, sans revendication. Aucune revendication pour le moment.




La mosquée d'Istres cible d'un mitraillage
Les faits se sont déroulés aux alentours de 2h ou 3h du matin, dans la nuit de samedi à dimanche.

« C'est une mosquée qui a été inaugurée en juillet 2009, il n'y a jamais eu de problème tout au long de sa construction ou depuis », a affirmé le procureur de la République adjoint d'Aix-en-Provence, Denis Vanbremeersch.

En fait, selon Djamel Bedra, président de l'association musulmane d'Istres, la mosquée fonctionne depuis février 2007. Elle a été nommée en juillet 2009 mosquée Arrahma.

« Il n'y a pas eu de revendication », explique le Parquet, précisant qu' « un peu plus d'une trentaine d'impacts » d'une ou plusieurs armes pour l'instant non déterminées ont été relevés sur le bâtiment.

« L'imam a constaté le premier ces impacts quand il est arrivé dimanche à l'aube pour la prière », a raconté lundi Djamel Bedra, président de l'association musulmane d'Istres.

Arrivé peu après sur les lieux, M. Bedra a confié avoir été « choqué ».

« On arrive pour vivre un moment de paix et on voit des impacts un peu partout, c'est un acte criminel », a-t-il déploré, affirmant avoir déposé plainte contre X au nom de son association.

« On est stupéfaits, abasourdis de noter un acte de ce type dans notre ville. Depuis des décennies, on ne vit que dans l'harmonie, la reconnaissance et l'estime mutuelles », a déclaré le maire (Divers gauche) d'Istres, François Bernardini, lundi lors d'un point de presse devant la mosquée aux murs ocre et bleu, située à côté d'un temple protestant et en face d'un boulodrome.

L'enquête a été confiée à la police judiciaire.

Par ailleurs, un autre mitraillage, dont rien n'indique qu'il soit lié, a eu lieu dimanche, aux alentours de 22h, visant une boucherie halal du XVe arrondissement de Marseille.

Cet établissement des quartiers nord a été touché par 23 projectiles de calibre 7.63 tirés avec une Kalachnikov.

L'enquête a également été confiée à la police judiciaire qui cherche à savoir si les deux faits peuvent être liés.

Pour l'instant, aucun élément ne permet de le dire, a affirmé le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest.

Dans un communiqué, le Conseil français du Culte musulman (CFCM) a fait part de son indignation concernant le mitraillage ayant visé la mosquée d'Istres.

« Cette nouvelle agression avec usage des armes à feu contre un lieu de prière et de recueillement constitue une nouvelle escalade qui ne manquerait pas de susciter une profonde inquiétude et indignation chez l'ensemble des musulmans de France et tous leurs concitoyens épris de paix et de justice », estime le CFCM qui «appelle les pouvoirs publics à mobiliser tous les services concernés pour arrêter et punir les auteurs de cette agression criminelle ».

« VIVE EMOTION » DE FRANCOIS FILLON

François Fillon a exprimé lundi devant des membres du Conseil français du culte musulman (CFCM) sa « vive émotion » après le mitraillage de la mosquée d'Istres (Bouches-du-Rhône).

Le Premier ministre recevait à Matignon le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, et certains dirigeants de cet organisme, dans le cadre de ses consultations sur le projet de loi sur le voile intégral.

Après son entretien avec le chef du gouvernement, Mohammed Moussaoui a regretté devant la presse « une dissymétrie dans la médiatisation » entre cette attaque et l'affaire du conjoint supposé polygame d'une femme voilée de Nantes, qui a occupé tous les médias durant le week-end.


Selon lui, l'attaque « très grave » contre la mosquée d'Istres « a suscité beaucoup de peur chez les citoyens de confession musulmane » de la ville.

Jugeant que « les musulmans de France sont stigmatisés et s'inquiètent de cette stigmatisation », M. Moussaoui a demandé au chef du gouvernement de « tout faire pour les rassurer ».

LE PS ACCUSE LE GOUVERNEMENT

Pour Faouzi Lamdaoui, membre du Conseil national du Parti Socialiste, ces tirs sont la "conséquence directe de la politique hasardeuse menée par le gouvernement Fillon qui consiste à stigmatiser une partie de la population française, dont le seul tort est d'être de confession musulmane ou
supposée telle ».

"La manipulation et la politisation de la question du voile intégral par Nicolas Sarkozy, engage également sa responsabilité dans les dérives de certains groupuscules qui y trouvent une caution", ajoute-t-il.
Lundi 26 Avril 2010 - 13:38

atlasinfo avec AFP




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