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La droite française s’insurge contre un rapport sur l’intégration remis au Premier ministre


Vendredi 13 Décembre 2013 modifié le Samedi 14 Décembre 2013 - 07:47

Un rapport proposant au Premier ministre français de refonder la politique d'intégration et de construire la France "en reconnaissant la richesse de ses identités multiples" suscite des réserves à gauche et une levée de boucliers à droite.
La droite s’est insurgée contre des mesures préconisées dans ce rapport y voyant une promotion du communautarisme. Ce rapport préconise notamment la "reconnaissance de toutes les langues de manière identique". "La France doit assumer la dimension arabo-orientale de son identité", expliquent les experts qui recommandent également de "valoriser l'enseignement de l'arabe" et de "proposer l'enseignement dès le collège d'une langue africaine". Autre mesure phare de ce rapport, le voile à l'école. Le sujet pourrait revenir sur la table en 2014 puisque ce rapport préconise l'abandon de l'interdiction du voile pour les élèves.
Une réunion sur le thème de l'intégration rassemblera une partie du gouvernement autour de Jean-Marc Ayrault au début du mois de janvier, Les ministères concernés, qui se sont saisis de plusieurs rapports sur le sujet, se pencheront notamment sur les questions d'accueil des primo-arrivants, de lutte contre les discriminations et d'égalité des droits.




Ce rapport en cinq volets, détaillé dans le Figaro, propose une «politique repensée» de l’intégration axée sur la lutte contre les discriminations et l’égalité des droits.

Parmi les préconisations, «reconnaître toutes les migrations comme constitutives de la nation», une «(re)mise à plat de l’histoire de la France», l’enseignement potentiel de nouvelles langues à l’école, et la «suppression des dispositions légales et réglementaires scolaires discriminatoires concernant notamment le +voile+».

«Notre République serait en danger si vous cédiez à cette tentation en mettant en oeuvre, ne serait-ce qu’à minima, un rapport dont l’intention est de déconstruire (...) cette République», s’est insurgé Jean-François Copé, le président de l’UMP, qui a voulu «interpeller solennellement» François Hollande sur le sujet dans un communiqué.

L’ancien Premier ministre François Fillon a dans la même ligne, mais dans un communiqué séparé, tenu à «alerter le Premier ministre sur les dangers que constituerait l’application de ces rapports. Ils diviseraient un peu plus les Français et alimenteraient tous les extrémismes». Selon lui, ce rapport «s’inscrit dans la logique d’une nation mosaïque et communautariste».

La présidente du FN Marine Le Pen y a vu une «très grave provocation». Mettre en oeuvre les préconisations de ce rapport «signifierait l’abandon définitif du modèle républicain, la mise en place d’une société ultra-communautarisé et divisée» selon elle.

«Ce rapport devrait faire l’objet d’un référendum puisqu’il va casser la République définitivement (...). C’est un danger public», a déclaré Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et président de Debout la République.

«Scandaleux», pour le député UMP des Alpes Maritimes Eric Ciotti, «extravagant» pour son collègue du Nord Sébastien Huyghe, «très inquiétant» pour leur collègue des Français de l’étranger Thierry Mariani.

Du côté du PS, on a relativisé, voire critiqué, vendredi matin le rapport, alors qu’une réunion interministérielle doit se tenir «début janvier» à Matignon pour bâtir la future feuille de route du gouvernement en matière d’intégration des immigrés.

«Je m’étonne qu’aujourd’hui une partie de la presse s’empare de ces travaux de réflexion qui datent de plus d’un mois en employant un mode sensationnel et je dénonce les manipulations qui sont faites de ses conclusions», déplore Bruno Le Roux, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, plaidant pour un débat sur ces sujets «ouvert et apaisé».

Thierry Mandon, porte-parole des députés PS, a lui affirmé que «ce rapport n’est qu’une des contributions à (la) réflexion» du gouvernement sur «l’amélioration des politiques d’intégration».

«Son orientation générale nous éloignerait de la seule voie possible: plus de République, plus de moyens notamment pour l’école. Certaines pistes proposées sont des impasses, comme remettre le voile à l’école, d’autres sont hasardeuses», critique-t-il.

Vendredi 13 Décembre 2013 - 14:51





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