Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques




La France veut des sanctions européennes contre des responsables libyens


Jeudi 10 Mars 2016 modifié le Samedi 12 Mars 2016 - 13:59




Jean-Marc Ayrault
Jean-Marc Ayrault
La France va proposer lundi à l'UE de décréter des sanctions contre les responsables politiques qui bloquent la formation d'un gouvernement d'union nationale en Libye, a déclaré jeudi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

"Je n'exclus pas qu'on puisse les menacer de sanctions. En tout cas c'est que je proposerai à mes collègues des Affaires étrangères lundi à Bruxelles", a déclaré M. Ayrault sur la chaîne d'information en continu iTÉLÉ.

"Maintenant on ne peut plus attendre, cela suffit", a-t-il ajouté en dénonçant "ceux qui se mettent en travers (du processus politique) pour des raisons individuelles d'intérêt".

Depuis la chute de son dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie au chaos, divisée entre deux gouvernements rivaux - à Tobrouk et Tripoli - déchirée par les violences entre factions armées, une instabilité dont profite le groupe Etat islamique (EI) pour étendre son influence.

Les sanctions, qui pourraient comprendre des gels d'avoirs et des interdictions de voyager dans l'UE, visent les présidents des Parlements de Tobrouk, Aguila Saleh, et de Tripoli Nouri Abou Sahmein ainsi que le chef du gouvernement de Tripoli Khalifa al-Ghweil, a-t-on indiqué de source européenne.

"Cela n'aurait pas de sens d'imposer des interdictions de voyager et des gels d'avoirs à plus de deux ou trois personnes, parce qu'après vous n'auriez plus assez de personnes à qui parler", a expliqué un diplomate européen à Bruxelles. "Mais cela serait efficace parce que les responsables politiques libyens aiment voyager à Malte ou en Italie pour faire du shopping ou se faire soigner", a-t-il fait remarquer.

Un premier gouvernement d'union nationale, dirigé par Fayez al-Sarraj, a été rejeté le 25 janvier par le Parlement de Tobrouk (est) reconnu par la communauté internationale. En février, un nouveau vote de confiance n'a pu avoir lieu, faute de quorum, et une centaine de parlementaires ont affirmé être empêchés de voter.

"Il y a un Premier ministre, M. Sarraj, qui est tout à fait apte à diriger (ce gouvernement). Une majorité de parlementaires ont dit qu'ils y étaient favorables mais le Parlement ne se réunit pas parce qu'il y a des entraves", a déploré Jean-Marc Ayrault.

"On ne peut pas continuer avec cette situation qui est un danger pour les Libyens, pour toute la région (..) et pour l'Europe", a martelé le ministre.

Les Occidentaux, inquiets de l'implantation de l'EI, se disent prêts à contribuer au rétablissement de la sécurité en Libye à condition qu'un gouvernement d'union nationale en fasse la demande.

"Il faut combattre Daech (acronyme de l'EI) là où il est en train de se développer en Libye mais le préalable c'est la constitution d'un gouvernement d'union national libyen", a souligné M. Ayrault.

La France, soutenue par la Grande-Bretagne, doit rallier l'ensemble des pays de l'UE à l'idée des sanctions. Plusieurs d'entre eux sont réticents à les voter sans demande expresse en ce sens de l'ONU, qui chapeaute depuis plus d'un an les difficiles pourparlers en vue de la formation d'un gouvernement d'unité.

M. Ayrault abordera cette question dimanche à Paris avec ses homologues américain John Kerry, allemand Frank-Walter Steinmeier, britannique Philip Hammond, italien Paolo Gentiloni et la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini.
Jeudi 10 Mars 2016 - 22:52

Source AFP




Nouveau commentaire :
Twitter