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La France se déchire sur le statut de la "Première dame"


Mardi 14 Janvier 2014 modifié le Mardi 14 Janvier 2014 - 14:37

La question du rôle mal défini de la "première dame de France", qui n'a pas de statut officiel, est revenue avec acuité après la révélation d'une liaison entre le président François Hollande et l'actrice Julie Gayet, plusieurs responsables politiques souhaitant sa disparition pure et simple.




La Constitution française n'accorde aucun statut au conjoint du président de la République, qu'il ou qu'elle soit légalement marié, et sa fonction non définie mais parfois coûteuse a souvent fait l'objet de polémiques.

"Première dame": l'expression est pourtant citée ad nauseam par tous les médias au sujet du vaudeville mettant en scène le président français François Hollande, sa compagne Valérie Trierweiler et sa maîtresse cachée, mais ce statut n'existe pas en France. Le protocole ne prévoit non plus rien pour elle.

Une seule mention est faite à l'existence des épouses des présidents dans l'arsenal législatif: il est prévu qu'une fois devenues veuves elles touchent une pension de reversion, comme c'est le cas pour de nombreuses professions.

Cette inexistence légale, cependant, est contredite par l'usage: la compagne du président dispose d'un bureau et d'un secrétariat à l'Elysée, officiellement pour répondre au courrier qu'elle peut y recevoir des citoyens, et dont les frais sont pris en charge sur le budget de la présidence. Elle dispose aussi d'un garde du corps.

En 2006, le député socialiste René Dosière avait alerté sur le fait que l'épouse de Jacques Chirac, Bernadette, puisse disposer sans contrôle des voitures et des chauffeurs de l'Elysée. Un an plus tard, il s'était interrogé sur le fait que Cécilia, encore à l'époque épouse de Nicolas Sarkozy, ait pu régler des dépenses avec une carte de crédit de la présidence.

"on est dans un entre-deux, entre le choix entre un vrai statut, comme aux Etats-Unis, et le choix entre ne rien avoir", résume Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, sur Europe 1. Cette situation est un "archaïsme de la République" dû à une "ambiguïté institutionnelle" persistante, appuie Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, sur iTélé. Voire un reliquat de la monarchie, à écouter Noël Mamère, député-maire de Bègles, qui rappelle que "les Français ont élu un homme et non un couple!", sur France Bleu Gironde.

Que faut-il faire pour clarifier la situation? Supprimer le cabinet? Le réduire? Inventer un statut précis? "Le conjoint n'a pas d'existence officielle. Il ou elle peut être invité dans des dîners, et donc avoir un petit secrétariat pour gérer tout cela, mais n'a pas besoin d'avoir un cabinet, d'avoir un site Internet. Je suis pour cette solution-là", a insisté NKM. François Rebsamen se montre plus radical. Interrogé sur la disparition du bureau de la Première dame, il répond: "Bien sûr. Ce serait une avancée de la démocratie."

Pour le sénateur-maire socialiste de Dijon, il faut aller au-delà de la rumeur et de la vie privée : "Derrière cela, il y a une réflexion plus importante que doit avoir le président de la République sur le rôle et la place de la personne avec laquelle il vit".

Il poursuit : "Il n'y a pas de première dame en France, ces pratique sont surannées, désuètes et devraient être bannies." Et François Rebsamen rappelle que François Hollande lui même partageait cette position.

"On élit une personne et après tout cette personne elle vit seule, elle est célibataire, elle peut vivre avec un autre homme, une autre femme. Ça n'intéresse pas et ça ne doit pas interférer. Il ne faut plus qu'il y ait de première dame c'est fini". Et de conclure : "Ce serait une avancée de la démocratie".

Mardi 14 Janvier 2014 - 14:15





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