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La France jette le discrédit sur la Russie




La diplomatie française s'est encore faite distinguée dans la crise syrienne. Sa tentative de faire adopter une résolution aux nations unies imposant une trêve dans la ville martyr d'Alep l'a encore fait briller de milles feux. Il est vrai que la tentative a été "couronnée" d'échec à cause du veto russe, mais cela donne encore plus du tonus au sillon que la France essaie d'apporter à cet insoluble conflit. Il est tout aussi vrai que la France avait dès le début des hostilités entre le régime syrien et son opposition adopté une posture particulière. Elle était la plus enthousiaste pour traiter militairement cette crise, prête à engager ses forces dans là bataille, n'était-ce la reculade de dernière minute de Barack Obama.

Par Mustapha Tossa




Aujourd'hui devant la permanence de ce conflit et l'introuvable solution politique qu'a révélé la chute de la récente trêve, la diplomatie française a pris une grande initiative politique et diplomatique. Paris est partie de ce constat que la thérapie proposée par l'entente entre américains et russes est parvenue à une impasse et que le temps est venu de mettre des mots sur des attitudes et des responsabilités sur des décisions.

Dans le viseur de Paris, l'attitude de Moscou et son indéfectible soutien au régime de Bachar El Assad. Avant de lancer le projet de résolution, Jean Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères avait effectué sa tournée de persuasion. Sans succès puisque quelques heures plus tôt François Hollande décochait une des critiques les plus violentes contre les russes affirmant qu'un pays qui utiliserait son véto subirait l'effet d'un grand discrédit. Les mots de Hollande étaient bien pesés:" "Un pays qui mettrait le veto à cette résolution serait discrédité aux yeux du monde. Il serait responsable de la poursuite des exactions".

Le Conseil de sécurité a donc voté. Les russes ont spectaculairement bloqué l'initiative de la France qui voulait épargner à une ville comme Alep le destin de Guernica, Srebrenica ou Grozny pour reprendre les comparaisons historiques en cours. Le réalisme russe a donc triomphé de l'activisme français. Les uns ont peut être perdu le peu de crédit qui restait à leur ingérence dans la crise syrienne. Les autres ont sans doute gagné en reconnaissance et en aura internationale . Mais la ville d'Alep en particuliers et le civiles syriens en général doivent continuer à supporter l'impuissance et les intérêts contradictoires des grandes de ce monde. L'épreuve dans laquelle la grande dispute du pouvoir à Damas les a plongé risque de connaître des profondeurs encore plus ravageuses.

Cette situation a provoqué une tension inédite dans la relation entre Paris et Moscou au point où le président français Hollande s'interroge à haute voix s'il était politiquement pertinent de recevoir Vladimir Poutine lors de sa prochaine visite en France. La simple interrogation révèle l'ampleur de la frustration française à l'égard de la diplomatie russe. Commentant les enjeux de cette visite, le ministre des affaires étrangères Francais Jean Marc Ayrault n'y va pas par le dos de la cuillère: " Si le président de la République décide que le président russe vient, ça ne sera pas pour des mondanités, ce sera pour dire des vérités, pour sortir de ce qui est en train de se passer là-bas (en Syrie) et pour faire prendre conscience à la Russie qu'elle est en train de s'engager sur une route dangereuse".

Cette mise à point intervient alors que des voix françaises se sont élevés pour demander à François Hollande d'annuler cette visite de Poutine. Une de ces voix est le vert Yannick Jadot qui estime que "François Hollande dénonce les bombardements à Alep, critique et dit à quel point Vladimir Poutine est le boucher d'Alep aujourd'hui. Il ne peut pas être dans une absolue contradiction avec les valeurs démocratiques que défend la France sur la scène internationale(..) On ne va pas aller faire la guerre à Alep à la Russie et à Bachar Al-Assad". "Mais nous devons au moins marquer politiquement, diplomatiquement, économiquement notre désaccord avec Poutine. Çà commence en ne le recevant pas".



Lundi 10 Octobre 2016 - 15:21



Lundi 10 Octobre 2016 modifié le Lundi 10 Octobre 2016 - 15:35

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