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La France a pris "conscience qu’il ne s’agissait pas d’une saute d’humeur du Maroc" (ministre)


Lundi 2 Février 2015 modifié le Mercredi 4 Février 2015 - 12:02

L'accord sur l'amendement de la convention d'entraide judiciaire entre le Maroc et la France, paraphé samedi à Paris, est la « résultante d'un processus. Il y a eu beaucoup de travail, de discussions", a indiqué le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, dans un entretien au quotidien français "Le Monde" daté de mardi.
"Du côté français, on a aussi pris conscience qu'il ne s'agissait pas d'une saute d'humeur du Maroc mais d'une exigence liée à une demande de respect de nos institutions, de notre cadre judiciaire, de nos engagements mutuels", a-t-il souligné.




"Certains événements ont touché à la crédibilité de la justice marocaine et à celle de responsables marocains. Il y avait donc un problème qu'il fallait régler", a relevé le ministre, notant que "notre cadre de coopération judiciaire avait besoin d'être mis à jour".

"Le Maroc refusera toujours que quiconque puisse se comporter avec lui de cette manière. Ce n'est pas spécifique à la France", a insisté le ministre, soulignant que le royaume "exige le respect et la considération et ne demande ni immunité ni impunité".

"Il n'est pas acceptable que la justice française soit utilisée pour porter atteinte à d'autres", a-t-il tranché, notant que ce qui est important, c'est l'interaction entre les deux justices. "C'est le b.a-b.a d'une coopération judiciaire".

"On ne peut pas juger une affaire en France sur des supputations", a expliqué M. Mezouar, estimant que "cet accord permet de sortir par le haut ".

La signature de cet accord entre les ministres marocain et française de la Justice est un premier pas important, a-t-il poursuivi, soulignant que "le contact permanent entre nos deux chefs d'Etat, le fait qu'ils aient toujours affirmé leur attachement à cette relation, a été un élément important".

Il a fait savoir qu'il rencontrera son homologue français, Laurent Fabius, dès que possible pour achever le processus.

Le ministre a en outre assuré que "nous avons toujours été clairs et loyaux dans notre relation car nous pensons que la confiance est fondamentale, d'autant plus que la relation est forte comme elle l'est avec la France"."Quand cette confiance est ébranlée, il y a problème", a-t-il noté.

M. Mezouar a, par ailleurs, indiqué que le Maroc n'a aucun problème avec le fait que la France renforce sa relation avec l'Algérie, précisant que Paris est libre de nouer des relations avec qui elle veut.

"Nous ne sommes pas en concurrence avec l'Algérie. L'Algérie est un pays voisin que nous respectons, avec lequel nous avons un gros différend, mais pas au point de considérer que tous ceux qui nouent une relation avec elle deviennent nos ennemis", a-t-il indiqué, affirmant que "ce n'est pas notre culture ni notre vision".

"Le Maroc n'acceptera jamais qu'une relation avec un autre pays puisse être utilisée contre lui", a-t-il mis en garde, faisant savoir que "notre sentiment, c'est qu'effectivement l'Algérie a cherché à utiliser cela pour nuire au Maroc et à la relation franco-marocaine".


Revenant sur la décision du Maroc de ne pas participer à la marche républicaine du 11 janvier, le ministre a indiqué que le Royaume, qui a exprimé sa solidarité avec la France, car il rejette toute forme de violence contre des innocents, refuse les amalgames et refuse aussi que l'on touche aux sensibilités.

"Exercer sa liberté ne veut pas dire affecter celle de l'autre", a-t-il dit, ajoutant que "la France était en train de vivre un moment historique et nous avions espéré qu'à cette occasion, il n'y ait pas encore ce type de provocations".

Le ministre a rappelé, par ailleurs, que "la France a toujours eu la même position concernant la marocanité du Sahara et elle l'a toujours respectée, non pour faire plaisir aux Marocains mais parce qu'elle est convaincue de sa position". "La preuve, c'est que pendant cette soi-disant crise, la France a toujours gardé la même attitude au Conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il dit.

Lundi 2 Février 2015 - 17:29





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