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L’opposition boycotte le Parlement, Benkirane affirme que l’ère de « l’enrichissement rapide » est révolue


Par Mohamed Chakir





Le Parlement a connu vendredi une vraie crise dont elle se serait bien passée. 167 députés de l’opposition ont cru bon de boycotter l’intervention du chef du gouvernement venu expliquer dans une salle à moitié vide qu’il n’y aura presque aucun impact sur le monde rural après la décision de son cabinet de réduire de 15 milliards de dirhams (1,3 milliard d’euros) le budget d’investissement au titre de 2013, a constaté un journaliste d’Atlasinfo.

Les députés qui ont préféré suivre l’oral de M. Benkirane devant les petits écrans plutôt qu’à la chambre des représentants, sont ceux du Parti authenticité et modernité (PAM), du l’Union socialiste des forces populaires (USFP), du Rassemblement national des indépendants (RNI) et de l’Union constitutionnelle (UC). C’est Ahmed Zaïdi, chef du groupe du l’USFP, qui a parlé en leur nom avant l’allocution du chef de gouvernement pour affirmer que le boycott répond au refus « intransigeant » de l’exécutif de leur accorder plus de temps dans leur droit de réponse à l’intervention mensuelle d’ Abdelillah Benkirane.

Le chef du groupe du Parti justice et développement (PJD), Abdellah Bouanou lui a rétorqué que le « boycott de la séance parlementaire mensuelle relève du chantage et l’application de la Constitution s’applique à tout le monde ».

Dans les milieux politiques marocains, ce mouvement de contestation de l’opposition n’a pas été apprécié. "La politique de la chaise vide n’a jamais donné de résultat fructueux. Le gagnant aux yeux des couches sociales serait Benkirane. Ce dernier s’est présenté au Parlement comme une victime alors à chaque fois que l’on est devant une victime, celle-ci reçoit des signes de solidarité de l’autre côté», selon un politologue.

Pour sa part, le chef du gouvernement , dont les propos étaient retransmis en direct par la chaîne Al Aoula a répondu au boycott en lançant une fléchette : «l’ère de l’enrichissement rapide » est révolue assurant sa ferme détermination à poursuivre sa politique de « réformes ». Il a promis dernièrement que durant son mandat, il introduira des réformes sur la Caisse de compensation qui va avaler plus de 70 milliards de dirhams en 2013 pour le soutien aux prix des denrées de base, le régime des retraites, le système fiscal et la justice. "Le gouvernement n’a pas été mis en place pour travailler ses intérêts. Nous sommes là pour travailler le peuple. Nous continuerons à appliquer toutes les réformes", a-t-il martelé sachant qu’au même moment beaucoup de gens étaient braqués sur leurs télévisions.

S’adressant une autre fois indirectement à l’opposition, le chef du gouvernement, en "bon capitaine de bateau" a affirmé qu’il ne veut pas « faire couler le navire » en choisissant le recours aux emprunts internationaux. M. Benkirane s’imagine à chaque fois dans ses interventions que le comportement de ses adversaires politiques à l’égard de son parti islamiste ne serait justifié que par des tentatives d’affaiblissement notamment en vue des prochaines élections municipales ou législatives. "Je ne suis pas là pour détruire. Les gens qui rejettent notre travail peuvent ne pas voter pour nous». « Le peuple comprend ce que nous faisons", a souligné Abdeillah Benkirane.

Quant à l’impact sur le monde rural, ce dernier a minimisé la décision de réduire de 15 milliards de dirhams les investissements publics. Pour la première fois, il informe l’opinion publique qui le « comprend » que la décision de réduire cet investissement n’est pas une "nouveauté" en soi car cette dernière a été déjà prise et exécutée des gouvernements précédents.
"Nous voulons faire des économies pour ne pas placer le pays en situation de détresse vis-à-vis de ses créanciers. Nous ne voulons par emprunter davantage pour continuer à rester un pays solvable. La gestion financière d’un pays est identique à celle d’un foyer », a-t-il dit dans un langage de proximité. Et comme la radio et les télévisions pénètrent dans les foyers et les lieux publics sans effraction, le message passe très bien, estiment les observateurs.

"Nous prévoyons comme promis de ramener en 2013 le déficit budgétaire à 4,8% », a souhaité le chef du gouvernement au Parlement. Selon lui, le gouvernement a alloué dans la loi des finances de 2013 un budget d’investissement de l’ordre de 180 milliards de dirhams. "Nous aurions dû au gouvernement passer sous silence la décision de réduire le volet des 15 milliards d’investissement mais nous l’avons pas fait dans un soucis de transparence et de franchise. Même si cette franchise peut être douloureuse, nous vous l’avons dit ».

Abdellah Benkirane a également assuré les « chantiers prioritaires » prévus par la loi des finance ne seront pas affectés. Il a précisé que certains projets ont été reportés jusqu’à ce que les conditions économiques s’améliorent. La « suppression » des 15 milliards de dirhams du budget des investissements a été l’un des chevaux de bataille de l’opposition, rappellent les observateurs.

Enfin le chef du gouvernement a exprimé sa solidarité avec le monde rural ainsi qu’avec les "pauvres des villes et de la campagne".
Je suis très sensible à (votre) situation », a-t-il conclu avant de remercier Dieu pour les pluies importantes qui se sont abattues cette saison sur le Maroc.


Par Mohamed CHAKIR
Vendredi 31 Mai 2013 - 19:54



Vendredi 31 Mai 2013 modifié le Lundi 3 Juin 2013 - 18:18

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