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L'interdiction du voile intégral, une victoire personnelle pour Copé


Mardi 13 Juillet 2010 modifié le Mardi 13 Juillet 2010 - 23:05




L'interdiction du voile intégral, une victoire personnelle pour Copé
Le vote mardi du projet de loi sur l'interdiction du voile intégral constitue une victoire personnelle pour le patron des députés UMP, Jean-François Copé, au moment où l'exécutif se retrouve affaibli par les affaires.

Sitôt ce dossier venu sur le devant de la scène politico-médiatique, il y a tout juste un an, Jean-François Copé en a fait son cheval de bataille, pressentant qu'il tenait là un "marqueur politique" lui permettant d'être identifié par l'opinion publique. Quitte à griller la politesse à la mission d'information parlementaire sur le voile intégral en annonçant, un mois avant ses conclusions, le dépôt d'une proposition de loi UMP en vue d'une interdiction totale. Quitte surtout à forcer la main au président Nicolas Sarkozy et à la direction de l'UMP, au départ très réticents à l'idée de légiférer. S'il n'a pas obtenu gain de cause sur le véhicule législatif (finalement un projet de loi, porté par le gouvernement), il l'a emporté sur un point capital, son périmètre : interdiction dans tout l'espace public et pas uniquement dans les services publics, malgré les réserves du Conseil d'État.

"Je suis très content qu'à Paris, on ait entendu le message des députés UMP...", ironise Jean-François Copé. "Un moment, on avait pourtant tout l'orchestre contre nous !", confiait-il récemment. "Nicolas Sarkozy et François Fillon ont baissé pavillon devant Copé. Ce n'est pas sain", s'indigne Jean Glavany (PS), en accusant le maire de Meaux d'avoir, par ses "oukases" et son "arrogance", empêché tout "consensus républicain".

Ce succès de Jean-François Copé est aussi l'illustration que, deux ans après le vote de la révision constitutionnelle, il est le grand gagnant de cette réforme censée conférer davantage de pouvoir au Parlement.

Copé a la main sur tous les dossiers du gouvernement à l'Assemblée

"Ce qui change vraiment la donne, c'est que le président du groupe majoritaire nourrisse des ambitions élyséennes. C'est une première dans l'histoire de la Ve. Si on avait un autre président de groupe UMP, le bénéfice de la réforme serait beaucoup plus partagé", analyse le constitutionnaliste Guy Carcassonne. De fait, le chantre de la "coproduction législative" et de "l'hyper-Parlement" - devenues deux marques déposées chez Jean-François Copé - a désormais la haute main sur tous les dossiers du gouvernement passant par la case Assemblée. Au point de les retoquer parfois.

Après avoir mis en garde le gouvernement, Jean-François Copé et ses troupes ont, hasard du calendrier, infligé mercredi dernier un camouflet à Éric Woerth (Travail) en le faisant battre, dans l'hémicycle, sur une disposition clef d'un texte sur le dialogue social dans les très petites entreprises.

Une démonstration de force qu'il a poursuivie ce week-end en réunissant "une soixantaine" de députés UMP à Maussane (Bouches-du-Rhône), rendez-vous désormais annuel de son club Génération France. Lui si longtemps à couteaux tirés avec Nicolas Sarkozy a d'ailleurs présenté la rencontre comme "le coup d'envoi" de la préparation du projet du chef de l'État pour la présidentielle de 2012, où il entend jouer un rôle majeur.

Celui qui vise l'Élysée en 2017 peut même se payer le luxe de clamer haut et fort que non, il n'entrera pas au gouvernement avant 2012 et qu'il entend, lui aussi, accomplir tout son quinquennat. "Mes amis députés m'ont élu pour cinq ans !" lance-t-il, un brin provocateur. Mais, certains de ses proches ne croient pas qu'il pourrait refuser d'entrer au gouvernement.

Mardi 13 Juillet 2010 - 23:01

(Source AFP)




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