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L'histoire du Sahara, un chantier ouvert à la recherche et à l'étude (El Yazami)


Vendredi 16 Décembre 2011 modifié le Vendredi 16 Décembre 2011 - 23:33




L'histoire du Sahara, un chantier ouvert à la recherche et à l'étude (El Yazami)
L'histoire du Sahara est un chantier ouvert à la recherche et à l'étude qu'il s'agit du passé lointain ou contemporain de la région, a souligné vendredi à Dakhla (Maroc), Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l'homme (CNDH).

"L'histoire précoloniale du Sahara n'est pas encore étudiée selon des procédés proprement scientifiques et souffre en conséquence de défauts en ce qui concerne les sources, alors que l'histoire coloniale de la région n'a pas connu, non plus, une évolution notoire dans ce sens", a ajouté M.El Yazami, qui s'exprimait à l'ouverture du colloque international sur le thème "histoire, mémoire et patrimoine sahariens : recherche, préservation et muséalisation", organisé sous le Haut patronage du Roi Mohammed VI.

Et de relever qu'une bonne partie des archives françaises et espagnoles sur le Sahara n'a pas encore été soumise à l'étude scientifique.

A travers ce colloque, le CNDH ambitionne d'établir un inventaire de cette archive et d'élaborer des orientations méthodologiques et théoriques pour les chercheurs, a-t-il noté, précisant que "l'écriture de l'histoire du Sahara ne peut se contenter des textes écrits sur la région, qu'il s'agit de manuscrits historiques ou d'archives étrangères, mais doit plutôt s'intéresser à la mémoire collective qui repose sur l'oralité".

Durant les dernières décennies, a-t-il poursuivi, l'histoire est devenue intimement liée à la question de la mémoire avec l'émergence de nouveaux concepts se rapportant au devoir de la mémoire et au droit à la mémoire et l'apparition de groupes revendiquant la reconnaissance de leur mémoire collective, mettant en exergue l'intérêt accordé par le Maroc à l'écriture de l'histoire, à la préservation de la mémoire et à la valorisation de l'archive à travers la création de divers établissements nationaux.

Il a, en outre, mis l'accent sur l'intérêt accordé par le CNDH à la consécration de l'étude scientifique de l'histoire "qui doit reposer sur des assises bien-fondées, tout en s'ouvrant sur les autres sciences humaines sans pour autant renoncer à la rigueur scientifique".

D'autres intervenants ont mis en relief l'importance de cette rencontre pour débattre des problématiques relatives à l'histoire, à la mémoire et au patrimoine matériel et immatériel sahariens, en tant que l'une des affluents de l'identité nationale marocaine.

Organisé dans le cadre du suivi des recommandations de l'Instance équité et réconciliation en matière d'archive, d'histoire et de mémoire, ce conclave scientifique de deux jours, vise à dresser un état des lieux de la recherche historique sur le Sahara et à explorer de nouvelles pistes de recherche.

Initié en partenariat avec l'agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du sud, la Région et la wilaya de Oued Eddahab-Lagouira, la Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat (université Mohammed V-Agdal) et l'Office chérifien des phosphates, ce colloque international connaît la participation d'un parterre d'historiens, de sociologues, d'anthropologues, de professeurs universitaires et d'experts en provenance du Maroc et de neuf autres pays étrangers (France, Espagne, Portugal, Mexique, Etats-Unis, Qatar, Sénégal, Mauritanie et Niger).

Plusieurs axes sont proposés au débat lors de ce colloque, notamment l'état des lieux de la recherche historique sur le Sahara, archives coloniales (Espagne-France), temps présent, histoire orale, patrimoine matériel et immatériel au Sahara, méthodes et procédés d'identification, d'inventaire et de sauvegarde du patrimoine, préservation de la mémoire, patrimoine et politiques culturelles nationales et internationales et processus de muséalisation du patrimoine immatériel.

Un hommage sera rendu, par ailleurs, à Pierre Bonte, directeur de recherche émérite au centre national français de la recherche scientifique et membre du laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France à Paris.

Spécialiste du monde touareg et baydân saharien, Pierre Bonte compte à son actif plusieurs publications.




Vendredi 16 Décembre 2011 - 15:34

Avec MAP




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