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L'entente forcément cordiale entre Hollande et Obama.




La tradition élyséenne veut que la visite du président de la république aux USA fait partie de celle qu'on soigne avec la plus grande délicatesse. Une attention particulière est portée aux moindres détails. Les symboles de la grande histoire partagée sont convoqués. Il faut dire que Washington et par extension l'Amérique, offre une exposition à la lumières d'une rare clarté. Tous ses visiteurs, y compris les plus illustres, ont cette délicieuse impression de taquiner les sommets. François Hollande, tout socialiste qu'il a été et tout social démocrate qu'il est devenu, n'échappe pas à l'emprise enfiévrée du rêve américain.

Par Mustapha Tossa




Effet de toute démarche symbolique mise à part, la visite d'Etat qu'effectue François Hollande aux États Unis d'Amérique n'est pas dénuée d'intérêts. Pour le président français, après une belle séquence tunisienne où il est parti affirmer, preuve constitutionnelle à l'appui, que l'islam n'est pas incompatible avec la démocratie, le voilà dans une attractive exposition américaine pour évoquer les affaires du monde avec le chef de la puissante Amérique...

Entre François Hollande et Barack Obama, ce n'est ni la grande intimité ni la froide distance. Les deux hommes ont déjà eu l'occasion de prouver qu'ils peuvent, à titre personnel être dans une bonne alchimie. Le premier, avec sa rondeur allergique aux ruptures démonstratives à la Sarkozy, épouse bien le profil du second revenu de bien d'illusions après un second mandat à la maison blanche.

Mais même s'ils s'entêtent à afficher une entente plus que cordiale, les deux hommes ont eu à gérer de nombreuses divergences. L'affaire de l'espionnage américain en Europe a entaillé la solide confiance atlantique. Leurs différents sur la gestion du dossier syrien et iranien ont approfondi les mésententes. Washington et Paris étaient au bord du divorce, lorsque François. Hollande, capitalisant sur l'intervention militaire française et internationale en Libye, portée par son aventure militaire presque solitaire au Mali, se préparait à lancer ses foudres sur le régime de Damas. Le président français a du freiner son enthousiasme guerrier lorsque à la dernière minute Barack Obama actionne la marche arrière et favorise la solution politique négociée avec Bachar al Assad.

Sur une autre crise, François Hollande dût ravaler une salive amère lorsque, menant une bataille politique et diplomatique d'une rare fermeté contre le régime iranien, il découvrit presque comme tous le monde que l'administration Obama négociait en secret avec le régime des mollahs à Mascate dans le Sultanat d'Oman, l'accord politique qui allait devenir le grand compromis sur le nucléaire iranien.


Ces deux dossiers brûlants on failli consacrer la discorde franco américaine dans la même veine que celle qui avait nourri la froide relation entre Jacques Chirac et Georges Bush, en désaccord fondamental sur l'intervention militaire en Irak. Les rapports n'ont pas empiré jusqu'à ce niveau. Puissance américaine et réalisme français oblige, la diplomatie française a fini par se ranger à la logique des choix américains. Mais souvent les couleuvres difficiles à avaler laissent traces et blessures.

Originalité incontestable. Cette visite de François Hollande recèle de curiosités en termes de communication à part qu'elle met en valeur la volonté de découvrir les bienfaits économiques et les défis contemporains du High Tech qu'incarne cette virée à San Francisco. La première est lorsque le président français essaie d'instrumentaliser cette visite pour adresser un message politique domestique. À une question du Magazine "Time" " Can he fixe it" ( Peut-il réparer la France), François Hollande répond en paraphrasant Barak Obama " Yes we can faster", plus rapidement que ne l'a fait Obama en plein ascension.

Le second élément de curiosité qui concentre l'attention des médias est l'absence de la première dame. Normal après la fracassante séparation avec Valerie Trierweiler Hollande effectue son voyage américain en célibataire jugé "pas grave " par 66% des Français selon un sondage...A part quelques complications protocolaires, il aura, pour la presse française, à gérer depuis Washington et San Francisco, la parlante absence de la première dame. Avec Michelle Obama, Valérie Trierweiler devait pimenter ce déplacement par un alléchant programme de visites et de postures. Mais même retenue à Paris par la force d'une "répudiation" qui ne veut pas dire son nom, son ombre plane lourdement sur l'escapade américaine de son ex-compagnon...

Dimanche 9 Février 2014 - 10:30



Dimanche 9 Février 2014 modifié le Dimanche 9 Février 2014 - 10:40

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