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L'effet jet-lag anéanti avec l'abandon de la semaine des 4 jours à l'école


Vendredi 12 Octobre 2012 modifié le Vendredi 12 Octobre 2012 - 21:47




L'effet jet-lag anéanti avec l'abandon de la semaine des 4 jours à l'école
Le chronopsychologue François Testu a salué vendredi la décision du gouvernement d'abandonner la semaine de quatre jours à l'école primaire l'an prochain, estimant que le rythme scolaire actuel ne respecte pas l'horloge biologique des enfants.

Professeur émérite à l'université de Tours, François Testu est l'un des rares chercheurs en France à travailler sur les rythmes scolaires. Il a passé sa carrière à étudier les variations des comportements dans le temps (chronopsychologie), après avoir été enseignant.

Les études ont montré qu'il existait chez les enfants une certaine "rythmicité", notamment à travers la semaine, avec une moins bonne résistance physique et des moindres performances le lundi et le vendredi après-midi.

Avec la semaine des quatre jours, on assiste à un effet "jet-lag", avec une "désynchronisation" entre l'horloge biologique et le rythme environnemental et social (alternances veille-sommeil, jour-nuit). Résultat, il y a une baisse globale des performances et seul "le jeudi est préservé", détaille le spécialiste dans un entretien à Sipa, en déplorant aussi la pression engendrée par la semaine des quatre jours en raison de la concentration des épreuves.

François Testu se réjouit aussi des réflexions en cours sur l'allongement des vacances de la Toussaint et de l'allégement des journées de travail.

A cô té de la rythmicité hebdomadaire, il existe en effet des rythmicités annuelle et journalière. Ainsi, les enfants sont plus malades et fatigués à la Toussaint et en février, explique-t-il.

En ce qui concerne la rythmicité journalière, "l'enfant arrive fatigué à l'école (8h30) quelle que soit la durée de son sommeil la nuit précédente, puis il va augmenter progressivement ses capacités d'attention et d'apprentissage dans la matinée avec un pic vers 10-11h, celles-ci vont ensuite diminuer en début d'après-midi et être à nouveau performantes vers 15-16h", note l'Académie nationale de médecine dans un rapport de 2010 qui, selon François Testu, reste scientifiquement d'actualité.

Pour lui, "le sommeil est le pivot de cette rythmicité". Une privation régulière de sommeil, en dose et en qualité, atteint cette rythmicité, mais pas une privation occasionnelle où il y a une possibilité de récupération, ajoute le chronopsychologue qui plaide aussi pour la possibilité de faire une sieste à l'école jusqu'à l'âge de 7-8 ans.

Patrice Bourgin, chercheur sur le sommeil à l'université de Strasbourg, déconseille pour sa part fortement la présence de tout écran vidéo dans les chambres des enfants et des adolescents, la lumière émise étant mauvaise pour le sommeil. Certains types de lumière pourraient en revanche être bénéfiques sur les performances des élèves en journée et le chercheur est en discussion avec des fabricants d'ampoules pour lancer une étude sur le sujet. Selon certaines études, il faudrait probablement plus de lumière bleue le matin et de lumière chaude le soir, estime-t-il.


Vendredi 12 Octobre 2012 - 21:43

Valérie van den Bos




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