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L'armée française réduit de trois quarts sa présence au Sénégal (Le Point)


Jeudi 10 Juin 2010 modifié le Jeudi 10 Juin 2010 - 13:08




La longue présence militaire française en Afrique de l'Ouest a commencé à se réduire il y a de cela des années, mais la phase d'accélération est enclenchée. Une réduction drastique des effectifs en Côte d'Ivoire est engagée et, à terme, la seule base française militairement significative dans cette partie du continent noir sera celle de Libreville, au Gabon.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a annoncé unilatéralement le départ des militaires français le 4 avril dernier. Mercredi, une cérémonie symbolique de restitution des terrains concédés à la France au Sénégal a eu lieu au camp de Bel-Air, à Dakar, en présence du général de corps d'armée Abdoulaye Fall, chef d'état-major général des armées sénégalaises, du vice-amiral Philippe Combes, sous-chef d'état-major "relations internationales" de l'état-major des armées, et du général Olivier Paulus, commandant les Forces françaises au Cap-Vert (FFCV).

Le site de l'état-major des armées rappelle qu'à terme, les armées françaises ne conserveront dans ce pays, qu'un "pôle opérationnel de coopération à vocation régionale" d'environ trois cents militaires, dont la mission principale sera d'appuyer la montée en puissance de la brigade en attente de la CEDEAO (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) . Les effectifs militaires français au Sénégal sont actuellement de 1.200 hommes, et seront donc réduits de trois quarts. C'est moins radical que ce que le Livre blanc de la défense et de la sécurité prévoyait au printemps 2008, puisqu'il annonçait, "à terme, une présence (française) sur la façade atlantique du continent africain (et) une sur sa façade orientale", en l'occurrence à Djibouti.

"Je ne risque pas de coup d'État militaire au Sénégal" (Abdoulaye Wade)

Depuis 1974, le Sénégal était lié à la France par un accord de défense, mais le président sénégalais, Abdoulaye Wade, avait déclaré en février dernier sur RFI qu'il ne souhaitait pas conserver un lien de cette nature : "Ce genre d'accords, je n'en ai que faire. Et je l'ai dit au président Sarkozy. Cela ne m'intéresse pas. Moi, je ne risque pas de coup d'État militaire au Sénégal. Je dors tranquillement. Il n'y en a pas, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura pas au Sénégal." Un nouvel accord de défense est en cours de négociation entre Dakar et Paris. À court terme, la conséquence du départ du 23e bataillon d'infanterie de marine (23e Bima) du camp de Bel-Air ne sera autre que la libération du foncier (qui est toujours demeuré la propriété du Sénégal) pour des opérations immobilières. Plusieurs cessions gratuites de lots idéalement placés et propices à la spéculation seraient prévues en faveur de dignitaires sénégalais, dont des généraux.

En application des choix arrêtés dans le Livre blanc sur la défense et la sécurité, le dispositif français prépositionné comprendra une base sur la façade occidentale de l'Afrique, au Gabon, une base sur sa façade orientale, à Djibouti, ainsi qu'un pôle opérationnel de coopération à vocation régionale, au Sénégal. Avec les forces stationnées à La Réunion, ils ont pour vocation d'appuyer la montée en puissance des brigades en attente des quatre organisations régionales africaines : CEDEAO, CEEAC (Communauté économique des États d'Afrique centrale) , SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe) et EASBRICOM (Eastern African Standby Brigade Coordination Mechanism) .

Jeudi 10 Juin 2010 - 13:06





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