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L'UMA, "une nécessité stratégique" ( Amrani)


Mercredi 11 Juillet 2012 modifié le Mercredi 11 Juillet 2012 - 20:47




L'UMA, "une nécessité stratégique" ( Amrani)
L'Union du Maghreb Arabe (UMA) représente aujourd'hui "une nécessité stratégique" et "une ambition politique" pour tous les pays du Maghreb, a affirmé, mercredi à Wilton Park (65 KM au sud de Londres), le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Youssef Amrani.

S'exprimant à l'ouverture d'une conférence sur le Maghreb, M. Amrani a souligné que l'UMA reflète aussi une nécessité économique qui favorisera, dans les quelques années qui viennent, la création d'un marché commun et d'un pole compétitif fort de plus de 100 millions de personnes.

L'UMA, qui demeure l'expression de l'aspiration des peuples de la région à l'unité et à l'approfondissement des échanges et de la coopération, offre "une réponse efficace aux questions de la sécurité dans la région, notamment dans celle du Sahel", a poursuivi le responsable, expliquant qu'à travers l'histoire, l'intégration économique s'est avérée un outil puissant pour renforcer la création de la richesse et un vecteur du développement politique.

Et d'ajouter que la situation continue du "non-Maghreb" s'inscrit clairement à contre-courant de l'histoire.

Notant que les pays de la région maghrébine font face aux mêmes défis et partagent les mêmes intérêts, M. Amrani a souligné que ces pays disposent d'une opportunité historique qu'ils doivent saisir. "Ceci, a-t-il dit, implique une volonté politique à la fois forte et sincère".

Le responsable a, dans ce contexte, souligné que le Maroc a, à maintes reprises, montré par le biais d'actions tangibles sa volonté d'avancer vers la concrétisation de l'intégration maghrébine, qui représente une priorité stratégique pour le Royaume.

"Aspirant à voir naitre un nouvel esprit d'engagement commun, le Maroc Âœuvre inlassablement pour la concrétisation de l'Union du Maghreb", a enchainé M. Amrani, mettant en avant la vision du Maroc de voir les pays de la région travailler ensemble pour renforcer les institutions de l'UMA, de traiter d'une manière responsable les changements survenus sur les scènes régionale et internationale et d'impliquer tous les acteurs en vue de bâtir un Maghreb prospère et intégré.

Le ministre a, par ailleurs, souligné que le Maghreb est entré dans une nouvelle ère de défis et d'espoirs. De réelles opportunités sont offertes pour transformer l'actuel équilibre fragile en un espoir à même de provoquer un changement positif, a-t-il dit.

Au cÂœur de ces opportunités se trouve l'intégration régionale, en tant que facteur clef de la croissance, de la création d'emplois et du renforcement de l'attractivité des économies de la région, a encore indiqué M. Amrani, soulignant qu'il serait intolérable d'échouer dans cette mission en raison de prétextes politiques révolus.

Relevant que la sécurité et la stabilité sont des questions cruciales pour les pays du Maghreb, le responsable a indiqué que la stabilité à long terme passe par la mise en Âœuvre d'un processus global de réformes sociales, politiques et économiques capables d'endiguer les sources de l'instabilité d'une manière permanente.

Il a, dans ce contexte, souligné que le Maroc a travaillé dur durant plus d'une décennie, amorçant un profond processus de réformes démocratiques qui ont été renforcées d'une manière significative par une importante réforme constitutionnelle, adoptée par voie de référendum en juillet 2011.

La nouvelle Constitution met en place un modèle de démocratie réelle, fondé sur la séparation des pouvoirs et l'Etat de droit, a souligné M. Amrani, ajoutant que la nouvelle Loi Fondamentale consacre également les principes de bonne gouvernance, les droits de l'homme, la protection des libertés des personnes et réaffirme la reddition des comptes.

"Notre expérience évolutionnaire et pacifique offre la preuve irréfutable que le changement positif est possible dans le monde arabe tout en évitant le chaos", a ajouté M. Amrani, soulignant que l'expérience marocaine montre également que le changement démocratique peut être réalisé au sein d'un cadre structuré de développement et de réforme.

Analysant les enjeux économiques dans la région du Maghreb, le ministre a indiqué, chiffres à l'appui, qu'en 2020, le Maghreb sera un marché de quelque 103 millions de consommateurs, un chiffre qui passera à 112 millions en 2030.

L'Union du Maghreb aurait permis à ses pays membres de réaliser une valeur ajoutée de près de 10 milliards de dollars par an, soit 5 pc de leurs Produit Intérieur Brut global, a ajouté le responsable, soulignant que "le cout du non-Maghreb n'est plus tolérable sur les plans économiques, politiques ou sociaux".

Les lois de la globalisation montrent que le non-Maghreb comporte des risques de marginalisation politique et économique de la région, a-t-il dit, mettant en garde que le Maghreb risque de disparaitre des radars des investisseurs en raison de sa fragmentation.

L'actuel environnement économique international impose aux pays de la région d'agir d'urgence pour créer un espace économique ouvert et capable de relever les défis de la globalisation et de renforcer sa position vis-à-vis des autres groupements économiques émergents, a-t-il dit, se disant confiant que le Maghreb dispose du potentiel nécessaire pour devenir une importante source de croissance pour la rive nord de la Méditerranée.

La conférence de Wilton Park, qui se tient sous le thème "l'économie du Maghreb, un moteur de la prospérité et de l'intégration régionale" vise à identifier les moyens de développer le potentiel économique du Maghreb et d'encourager la coopération intermaghrébine.

Elle se veut un forum de discussions interactives visant à promouvoir des idées politiques nouvelles et orientées vers l'avenir.

La séance d'ouverture de la conférence a été marquée par la participation du ministre au Foreign Office chargé du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord, Alistair Burt, et du ministre algérien chargé des affaires maghrébines, Abdelkader Messahel.

Plusieurs responsables politiques et économiques ainsi que des investisseurs et des chercheurs académiques prennent également part à cette conférence.

Mercredi 11 Juillet 2012 - 20:42

Avec MAP




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