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L'Assemblée approuve largement les recettes du premier budget Macron et se plonge dans la Sécu


Mardi 24 Octobre 2017 modifié le Mercredi 25 Octobre 2017 - 07:26




L'Assemblée approuve largement les recettes du premier budget Macron et se plonge dans la Sécu
L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le volet "recettes" du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur le financement de la Sécu, même si la majorité reste confrontée à l'accusation persistante d'offrir des "cadeaux aux riches".

Pour cette première lecture, 365 députés ont voté pour, 172 contre et 24 se sont abstenus sur ce texte porteur de plusieurs mesures emblématiques, comme la transformation de l'ISF en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) ou la fin progressive de la taxe d'habitation pour 80 % des ménages.

Les députés En Marche-MoDem ont voté unanimement pour, les socialistes, communistes et Insoumis tous contre, comme LR pour des raisons différentes. Les Constructifs se sont majoritairement abstenus sur un texte avec "des qualités inédites" mais "entaché d'erreurs, voire de fautes" selon le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde (IFI, APL, taxe d'habitation, CSG...), certains ont voté contre, d'autres pour.

Tout au long d'une semaine de débats passionnés dans l'hémicycle, les ministres des Finances Bruno Le Maire et des Comptes Publics Gérald Darmanin (tous deux issus de LR) n'ont cessé de défendre un budget de "transformation" mais aussi la volonté d'ancrer la France sous la barre des 3 % de déficit pour retrouver de "la crédibilité" en Europe, à l'heure où Paris plaide pour une réforme d'ampleur.

L'exécutif prévoit ainsi un déficit de 2,6 % en 2018 et un quasi-retour à l'équilibre en 2022, selon la loi de programmation jusque 2022, également largement approuvée mardi.

Avec l'instauration d'un prélèvement forfaitaire unique de 30 %, la mue de l'ISF, défendue comme une incitation aux investissements dans l'économie productive, a cristallisé le plus d'oppositions, notamment des trois groupes de gauche convergents dans leurs réquisitoires.

Olivier Faure (PS) a ainsi dénoncé "un chèque en blanc sans aucune obligation imposée aux grands gagnants de ce loto fiscal", qui "sera payé par les classes moyennes et populaires". Pour Eric Coquerel (LFI), "ce budget est le plus inégalitaire de la Ve République" et institue "un bouclier du capital". "Comment ce budget permettra-t-il à ceux qui peinent à boucler les fins de mois de vivre mieux ?", a renchéri le communiste Jean-Paul Dufrègne.

Au sein de la majorité même, le Modem avait plaidé, en vain, pour un autre périmètre du nouvel impôt afin de s'assurer que les investissements soient bien favorisés.

Mais le groupe a néanmoins voté "sans trembler ce budget", avec la réforme ISF-IFI -"il fallait faire ce pari"-, selon Jean-Noël Barrot.

Si Les Républicains ont salué la suppression de l'ISF, qu'ils réclamaient depuis des années, ils ont regretté la création de l'IFI. Ils ont surtout déploré un budget "insuffisamment courageux et excessivement injuste" avec de "nombreux perdants", "propriétaires, retraités, classes moyennes" ou automobilistes.

'deuxième lame'


Sitôt après le vote, l'Assemblée a plongé dans le budget de la Sécurité sociale, qui doit ramener, au prix d'économies dans la santé, le déficit de la Sécu à 2,2 milliards d'euros l'année prochaine, niveau inédit depuis 17 ans.

Le texte, défendu par la ministre de la Santé et médecin Agnès Buzyn mais aussi Gérald Darmanin, est présenté par le gouvernement comme mêlant "responsabilité", "solidarité" et "pouvoir d'achat".

"+Libérer-Protéger+", le tube au hit-parade de la macronie !", a ironisé sur Twitter l'Insoumis Adrien Quatennens.

La gauche dénonce "une deuxième lame" pour "les riches" aux dépens des moins aisés, selon la formule PS, et une "injustice", notamment pour les retraités, avec la hausse de la CSG de 1,7 point devant compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé.

Et "nous sommes prêts à en découdre" face à "cet acte grave de début de quinquennat", a assuré Sébastien Jumel (PCF).

LR, dont les motions de rejet et renvoi ont été rejetées mais soutenues par tout ou partie de la gauche, fustige aussi la hausse de CSG au nom de la défense des retraités, ou les mesures touchant aux familles.

Mais "il n'est pas prévu de toucher aux seuils" d'application de cette hausse (1.394 euros net pour une personne de plus de 65 ans), selon le chef de file LREM Richard Ferrand, assurant que "la suppression de la taxe d'habitation va, pour beaucoup, compenser l'augmentation de CSG".

Outre un débat sur ces seuils de CSG, les MoDem veulent, eux, défendre le principe d'universalité des allocations familiales.

Vaccins, tabac ou sodas augurent d'autres temps forts jusqu'à vendredi, voire lundi, pour boucler quelque 1.200 amendements. (afp)
Mardi 24 Octobre 2017 - 22:02





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