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Kenya : Onze morts depuis l’annonce des résultats de la présidentielle


Samedi 12 Août 2017 modifié le Dimanche 13 Août 2017 - 03:38

Onze personnes ont été tuées dans des violences et affrontements avec la police, éclatés depuis l'annonce vendredi soir de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta pour un second mandat, alors que l’opposition a affiché sa détermination à "ne pas renoncer" à la proclamation de son candidat "vainqueur" de la présidentielle de mardi.




Huit victimes, dont sept tuées par balles, ont été placées à la morgue de Nairobi depuis vendredi soir en provenance des bidonvilles de la capitale, où des affrontements ont éclaté entre des manifestants et la police juste après l’annonce des résultats officiels du scrutin présidentiel, a-t-on indiqué de source policière.

"Les corps en provenance (des bidonvilles) de Mathare, Kibera et Kawangware sont au nombre de 8 depuis la nuit dernière et ont tous été évacués à la morgue de la ville", alors que le corps d’une petite fille, tuée samedi matin, devrait être acheminé également vers la morgue, a précisé un haut responsable de la police, cité par des médias.

Deux autres morts ont été recensés dans les comtés de Kisumu et Siaaya, bastions de l’opposition, souligne-t-on.

Toutefois, la "National Super Alliance" (NASA, opposition), par la voix de l'un des ses hauts responsables, Johnson Muthama, évoque ''une centaine de morts innocents, dont dix enfants", mais sans apporter des éléments de preuves.

Il a, par ailleurs, souligné la détermination de sa coalition à "ne pas renoncer" à la proclamation de son candidat à la présidentielle, l’ancien Premier ministre Raila Odinga, comme "vainqueur" du scrutin.

"Nous ne nous laisserons pas intimider, nous ne renoncerons pas", a déclaré M. Muthama lors d'une conférence de presse, soulignant que "nous communiquerons au moment approprié la manière dont nous mènerons notre action".

"Pour l'instant, nous appelons nos partisans et les Kényans à rester à l'abri du danger", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur par intérim, Fred Matiang'i, a rassuré que la situation sécuritaire à travers le pays "s'est améliorée et la vie quotidienne retrouve la normale", en dépit des incidents survenus dans les bidonvilles de Mathare et Kibera à Nairobi, ainsi que dans certains comtés comme Kisumu.

Le ministre a tenu pour responsables de ces troubles "des éléments criminels qui tentent de profiter de la situation pour piller des magasins et des biens''.

"Des individus et des bandes pillent des magasins, mettent en danger des vies en s'introduisant dans les commerces d'autres personnes. Ce ne sont pas des manifestants. Ce sont des criminels et on attend de la police qu'elle les traite comme elle doit le faire", a-t-il expliqué lors d’un point de presse.

Et d’ajouter que ce scrutin controversé n'aura pas d'impact significatif sur le climat des affaires au Kenya, tout en rassurant l'opinion publique et les partenaires internationaux que ''le pays n’est pas dans une grave crise post-électorale''.

Des scènes de liesse ont été déclenchées par les sympathisants du Parti Jubilee dans différentes parties du pays après la proclamation des résultats, alors que des manifestations et des actes de violence ont été enregistrés dans certains bidonvilles à Nairobi et dans d’autres bastions de l’opposition, notamment dans les comtés de Kisumu, Siaya et Migori.

Selon les résultats officiels de ce scrutin, le président sortant Uhuru Kenyatta a été réélu pour un second mandat de cinq ans par 54,27% des voix, contre 44,74% pour son principal rival, l’ancien Premier ministre, Raila Odinga.

L’opposition a dénoncé une "fraude électorale massive'' et rejeté les résultats qui, selon elle, étaient "truqués par des pirates informatiques''.

Les leaders de la NASA, qui n’ont pas assisté à la proclamation des résultats, ont également qualifié de "mascarade" la proclamation du vainqueur de la présidentielle de mardi, soulignant que le recours à la justice pour contester les résultats de cette élection "n’est pas une alternative".
Samedi 12 Août 2017 - 22:50





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