Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques
Atlasinfo.fr Atlasinfo.fr





Juppé contre Sarkozy : « Notre pays n'est pas à feu et à sang » (Rue89)


Vendredi 13 Août 2010 modifié le Dimanche 15 Août 2010 - 13:36




Nicolas Sarkozy et Alain Juppé à Bordeaux, le 4 juin 2009
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé à Bordeaux, le 4 juin 2009
Face à la résurgence du débat sécuritaire, beaucoup attendaient les réactions des membres de l'UMP les moins enthousiastes sur le raidissement décidé par l'Elysée, et qui sont pour la plupart restés remarquablement silencieux. C'est chose faite pour ce qui est d'Alain Juppé : dans un post publié mercredi sur son blog, le maire de Bordeaux met en garde contre les lois de « pure circonstance » et appelle à « moins d'idéologie » et « plus de pragmatisme ».

Depuis plusieurs mois, l'ancien Premier ministre fait preuve d'un esprit critique face à la politique de Nicolas Sarkozy, une distance qui lui avait largement fait défaut au lendemain de l'élection présidentielle (il avait d'ailleurs participé au rapport sur le grand emprunt avec Michel Rocard). Tandis qu'en 2007, il qualifiait le discours de rupture du Président de « salutaire », trois ans plus tard, en avril, il lâche dans une interview au Monde :

« Je ne crois pas à la rupture. Je n'y ai jamais cru. »


Contrairement à Dominique de Villepin qui donne plutôt dans la critique virulente, Alain Juppé construit un discours de « douce opposition » à Nicolas Sarkozy.

En décembre 2009, il critiquait le débat sur l'identité nationale lancé par le gouvernement et déclarait alors :

« Je crois qu'on élude la vraie question, qui est de savoir si la France reste fidèle à sa tradition d'accueil ou pas. Elle a toujours été un pays d'immigration […].

Aujourd'hui, quelle est la capacité d'accueil de la société française vis-à-vis de ceux qui la rejoignent, en particulier des musulmans ? C'est cela la vraie question. »


Plus récemment, il affirmait au sujet de l'affaire Woerth :

« Il est certain que la situation qui l'amène à cumuler son poste de ministre et celui de trésorier de l'UMP peut créer des difficultés, je pense qu'il devrait clarifier les choses sur ce plan-là. »


« Des exagérations »

Dans sa note intitulée « Retour aux fondamentaux », Juppé s'attaque aux récents débats sur la sécurité. Selon lui, « notre pays n'est pas à feu et à sang », même s'il existe « des zones de non-droit où les lois sont bafouées et où la police hésite à pénétrer ». Au sujet du débat sur la déchéance de nationalité des délinquants d'origine étrangère, il déclare :

« Je rappellerais volontiers […] cette belle maxime de Montesquieu : “Quand il n'est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire.”


La priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales. »


En avril, Alain Juppé affirmait au Monde qu'il serait candidat en 2012 en cas de primaires. Il semblerait que sa campagne se construit pas à pas.



Par Marie Telling, Rue 89
Vendredi 13 Août 2010 - 21:32





Nouveau commentaire :
Twitter