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Jean-Louis Etienne a réussi sa traversée du Pôle Nord en ballon


Samedi 10 Avril 2010 modifié le Samedi 10 Avril 2010 - 18:12

L'explorateur a atterri ce samedi en Sibérie. "Une énorme satisfation et un soulagement", après un vol en solitaire de 5 jours et 1h30.




Jean-Louis Etienne a réussi sa traversée du Pôle Nord en ballon
Jean-Louis Etienne a exprimé sa "satisfaction" et son "soulagement" après avoir atterri en Sibérie samedi matin, réussissant la première traversée en solitaire du pôle Nord en ballon au terme d'un vol de 5 jours 1 h 30 min depuis son départ de l'archipel norvégien du Spitzberg.

"C'est une énorme satisfaction et un soulagement. Il y a eu des moments difficiles pendant ce vol, je commençais à manquer de sommeil", a déclaré l'aventurier français lors d'une conférence de presse téléphonique.

Le ballon de l'expédition Generali Arctic Observer s'est posé en douceur dans la toundra sibérienne, à 05h40 GMT, par un vent faible de 2 km/h seulement, à 280 km au nord de la ville russe de Batagaï, après avoir couvert une distance de 3130 km."Je suis dans une zone totalement désertique. Il n'y a personne, que des étendues de neige et de glace, quelques forêts et rien d'autre", a encore dit Jean-Louis Etienne, 63 ans, le premier à avoir réussi cette traversée en survolant le pôle Nord en ballon.

Ses 121 heures et 30 minutes sont donc le premier temps de référence sur la distance. Le médecin-explorateur français, arrivé en bonne santé, a connu quelques difficultés pendant sa traversée. Parti lundi de Longyearbyen à 04h10 GMT, il a d'abord rencontré une tempête de neige mercredi près du pôle Nord.

Le lendemain, il a dû faire face à des problèmes d'énergie, ses panneaux solaires n'ayant pu recharger les batteries pendant la tempête. Après deux journées au ralenti, avec une moyenne de 10 km/h, Jean-Louis Etienne a dû voler à très basse altitude, entre 100 et 300 m au-dessus de la banquise. Plus haut, les vents d'altitude l'auraient éloigné de son objectif.

"J'ai été pris dans un rabattant et j'ai failli heurter une colline, je ne voyais rien à cause du brouillard, mais j'ai entendu le 'rocaillement' de la mer. C'est magique, ce murmure profond, sourd, avec les craquements des blocs de glace qui s'entrechoquent", a ajouté le médecin français qui n'avait pu utiliser qu'une seule fois le photomètre (pour mesurer la densité de particules dans l'atmosphère) par manque de soleil.

Tout au long de son vol, Jean-Louis Etienne était assisté au sol par une équipe technique et scientifique où figurait son routeur, Luc Trullemans, qui a déjà permis au Suisse Bertrand Piccard et à l'Anglais Brian Jones de mener à bien en 1999 le premier tour du monde en aérostat.

Alors que la température extérieure tournait autour de moins 30°C, il faisait 15°C à l'intérieur de la nacelle non pressurisée, grâce à un chauffage au propane.

Après son atterrissage, Jean-Louis Etienne devait encore attendre son équipe technique, un temps retenue pour des raisons administratives à Yakutsk, à environ 600 km de Batagaï. Selon son parraineur, l'hélicoptère de récupération devait finalement décoller dimanche matin à 08h00 locales.En attendant, l'explorateur avait plusieurs projets: "Je vais faire le ménage. L'habitation est pleine de neige". Avant de "dormir, dormir, dormir...", il devait aussi tenter de dégonfler seul son énorme ballon, dont l'enveloppe pèse 350 kilos.Un ballon qui l'empêchait de voir les loups: "Les loups doivent avoir peur de voir ce ballon toujours dressé. Ca va les impressionner. Au contraire, j'aimerais avoir des visites. Il doit y avoir des loups, quelques rennes".

Aventurier des pôles, Jean-Louis Etienne a complété avec ce nouvel exploit ses traversées de l'Arctique à pied et en bateau.

En 1986, ce médecin tarnais était entré dans l'Histoire en devenant le premier homme à atteindre le pôle Nord géographique en solitaire, harnaché à son traîneau. Il avait mis 63 jours dans le chaos de glace et de neige de la banquise arctique.
Samedi 10 Avril 2010 - 18:07

L'express




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