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Italie: Décédée depuis un mois, elle donne naissance à une petite fille


Mercredi 29 Septembre 2010 modifié le Mercredi 29 Septembre 2010 - 22:12

Elle ne pèse que 800 grammes, mais se porte apparemment bien. Idil est une miraculée. Pas parce que sa naissance est prématurée, à deux mois du terme, mais parce que sa maman, plongée dans un coma irréversible, était cliniquement décédée depuis un mois.




Une petite Idil est née mardi 28 septembre à Turin alors que sa maman était dans le coma depuis un mois
Une petite Idil est née mardi 28 septembre à Turin alors que sa maman était dans le coma depuis un mois
Tout s'est joué à Turin, dans le nord de l'Italie. Fin juillet, une jeune Somalienne de 28 ans, Idil Jimcaala, est admise à l'hôpital de Sant'Anna. Elle est enceinte de son sixième enfant, arrive à son cinquième mois de grossesse. Mais son état est désespéré. Atteinte d'une tumeur au cerveau en phase terminale, elle est déclarée en état de mort cérébrale à la fin du mois d'août. Mais les médecins ne baissent pas les bras. À défaut d'avoir pu sauver la mère, ils décident de donner une chance à l'enfant qu'elle porte. En accord avec le mari et père, Issa, l'équipe médicale de Turin décide de maintenir la mère artificiellement en vie. La mère reliée à une machine lui assurant une respiration artificielle et le fonctionnement quasi normal de ses organes, Idil a continué son développement in utero pendant 30 jours.

Mais mardi 28 septembre, tout s'accélère. Les médecins détectent des signes de faiblesse inquiétants de la part de la mère. Son corps va lâcher. Immédiatement, la décision est prise d'extraire le bébé. Une césarienne est pratiquée. Idil voit le jour, saine et sauve. La mère, elle, est débranchée de l'appareil qui la maintenait artificiellement en vie. Elle s'éteint dans la soirée. "Nous sommes face à un cas pratiquement unique", a réagi, ému, un des médecins ayant accouché la jeune femme. "Il va falloir quelques jours pour pouvoir diagnostiquer d'éventuelles malformations ou souffrances in utero (...), mais en apparence, tout s'est bien passé", a-t-il assuré, témoignant : "Idil a pleuré dès qu'elle est venue au monde, elle a un tonus musculaire normal, une fréquence cardiaque régulière et un bon teint". Le nouveau-né devra désormais rester "deux ou trois mois" en thérapie intensive.

"La question de privilégier la vie de la femme ou celle du bébé se pose forcément"

L'histoire d'Idil a ému l'Italie, où le consensus semble total sur les décisions prises par les médecins turinois. En France, les spécialistes de la néonatalogie interrogés par Le Point.fr ne trouvent pas plus à redire sur cette démarche. "D'un point de vue éthique ou moral, il n'y a pas vraiment de discussion", estime le Pr Yannick Aujard, chef de service de néonatalogie au CHU Robert Debré, à Paris. "Des morts de femmes enceintes, il y en a malheureusement des dizaines chaque année", rappelle-t-il. Pour lui, l'important, c'est l'état de viabilité du foetus. "À partir de 24 semaines de grossesse, tout est possible", assure-t-il. Idil est née à 28 semaines, le Pr Aujard qualifie ce stade de "prématuré classique", précisant même que, "statistiquement, les prématurées filles ont deux fois moins de séquelles que les garçons".

Son confrère Henri Cohen, responsable du département Mère-enfant à l'hôpital Montsouris, à Paris, rappelle lui que le problème soulevé par cette histoire en Italie se pose fréquemment aux praticiens. "Le cas le plus courant, c'est lorsqu'une femme développe un cancer du sein pendant sa grossesse", explique-t-il. Dans ce cas, les traitements sont limités car ils mettent en danger la vie du foetus. "La question de privilégier la vie de la femme ou celle du bébé se pose alors forcément", reconnaît-il.


Et à cette question, les réponses varient selon les spécialistes. "La priorité, c'est de sauver l'enfant", estime le Pr Cohen, gynécologue. Mais son confrère, le chef du service de réanimation "adulte" du CHU de Bordeaux, Claude Gabinsky, n'est pas d'accord. "Selon les circonstances, la priorité est de sauver la mère", préconise-t-il. Au final, et en l'absence de toute loi sur cette question, tout le monde s'accorde sur une idée : la décision doit être prise collégialement. Et, comme le précise le Pr Aujard, "avec en première ligne, le père".


(Source Le Point)
Mercredi 29 Septembre 2010 - 22:10





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