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Immigration: Copé oublie les recettes


Mercredi 13 Avril 2011 modifié le Mercredi 13 Avril 2011 - 17:22

S'il ne se prononce pas, contrairement à Claude Guéant, ministre français de l'intérieur, la diminution de l'immigration légale, Jean-François Copé assure que le coût social de l'arrivée de migrants en France est "élevé". Pourtant, selon une étude de 2009 adressée au ministère des Affaires sociales, les immigrés rapporteraient plus d'argent à l'Etat qu'ils ne lui en coûtent.




Immigration: Copé oublie les recettes
Claude Guéant a relancé le débat sur l'immigration légale sans susciter toutefois l'enthousiasme de l'UMP sur la question. Le patron du parti, Jean-François Copé, a quand même souhaité attirer l'attention sur le coût de l'arrivée de migrants en France. Interrogé mardi au micro de RFI il a expliqué que "sur l'immigration à caractère strictement social, nous allons nous heurter à un problème, c'est que nous n'aurons plus les moyens de payer, c'est-à-dire que derrière cela, le coût social pour le contribuable est tellement élevé qu'il y aura un moment où on ne tiendra plus le coup financièrement, parce que c'est du déficit et qu'on y arrive plus."

L'immigration aurait donc un coût selon le maire de Meaux. Plus précisément, elle coûterait 47,9 milliards d'euros à la collectivité, selon une étude de 2009 réalisée par une équipe d'universitaires de Lille, dirigée par le professeur Xaveir Chojnicki. Un calcul effectué pour le compte du ministère des Affaires sociales. Une autre étude, réalisée par l'association Contribuables associés (qui milite contre "l'oppression fiscale") et dont l'auteur reconnait le caractère "hasardeux de certaines estimations", avance, elle, le chiffre de 71,76 milliards d'euros.

Les immigrés rapportent plus qu'ils ne coûtent

Selon l'étude de l'université de Lille, les 47,9 milliards d'euros de dépenses se découpent ainsi: 16,3 milliards d'euros pour payer les retraites, 11,5 milliards d'euros pour les prestations de santé, 6,7 milliards pour les allocations familiales, 5 milliards pour les allocations chômage, 4,2 milliards pour l'éducation, 2,5 milliards pour les aides au logement et 1,7 milliards pour le RMI, remplacé depuis par le RSA. Les quelques 5,3 millions de résidents nés étrangers à l’étranger (dont plus de 2 millions sont aujourd’hui Français) pèseraient donc de manière importante sur le budget de l'Etat, qui serait cette année de 286,405 milliards d'euros.

Mais- et Jean-François Copé, ancien ministre du Budget, le sait bien- en face des dépenses, il y a souvent une colonne recettes. Pour l'équipe de l'université de Lille, les immigrés apportent des sommes importantes à l'Etat de par leur activité: 3,4 milliards d'euros d'impôts sur le revenu, 3,3 milliards d'impôts sur le patrimoine, 18,4 milliards grâce aux impôts et autres taxes sur la consommation, 2,6 milliards d'impôts locaux, 6,2 milliards au titre de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (Crds) et enfin 26,4 milliards d'euros de cotisations sociales. Une fois les comptes faits, on obtient des recettes de l'ordre de 60,3 milliards d'euros. Le solde est donc positif: les immigrés rapportent 12,4 milliards d'euros à la collectivité.

L'immigration et la croissance

Mais nous sommes en période de crise, comme le suggère Jean-François Copé. Un rapport de l'Organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE), datant de l'été 2010, démontre ainsi que les jeunes hommes immigrés ont été plus touchés que les autres par le chômage. Une hausse des dépenses sociales a pu alors être enregistrée. Mais, ajoute le texte, des femmes immigrées ont bien souvent pris un emploi pour pallier la perte de revenus dans leur ménage.

Et, poursuit ce même rapport, une fois la crise passée, il faudra admettre plus de migrants sur le sol des pays de l'OCDE: "Il est important de souligner que les immigrés apportent une contribution bénéfique à l’économie nationale, en particulier en période de croissance", notait le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. Car les pays de l'OCDE, France comprise, connaissent une démographie morose. Si on maintenait les taux d'immigration au niveau auxquels ils sont en ce moment, la population des pays de cette zone n'augmenterait que de 1,9% au cours des dix prochaines années. Entre 2000 et 2010, elle avait augmenté de 8,6%. Lors du débat sur les retraites, le Comité d’orientation des retraites expliquait que "l'entrée de 50.000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites”. L'OCDE encourageait, elle, ses pays membres à ne pas faire preuve de "rigueur excessive" dans leurs critères d'admissibilité des nouveaux arrivants. Et cela, car les immigrés jouent un "rôle décisif dans la croissance économique à long terme". De quoi s'assurer de nouvelles recettes pour l'Etat.

Mercredi 13 Avril 2011 - 16:58

Atalsinfo avec le JDD




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