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"Hors la Loi", Haute tension (Les Echos)


Samedi 22 Mai 2010 modifié le Samedi 22 Mai 2010 - 11:26




"Hors la Loi", Haute tension (Les Echos)
Projection sous haute surveillance ce matin pour la première de « Hors-la-loi », ce film qui a provoqué une violente polémique alors que pratiquement personne ne l’avait encore vu. Tandis qu’une manifestation était organisée devant la Mairie de Cannes et un important dispositif policier, Rachid Bouchareb accompagné de ses acteurs (Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem) et de ses producteurs (dont Tarak Ben Amar) tenait une conférence de presse dans le Palais.

Visiblement ému, la voix blanche, il s’est étonné de la polémique : « Je voulais ouvrir un débat dans la sérénité. Je savais que cette question du passé colonial français restait tendue. Mais cette réaction de violence est disproportionnée. J’ai été peiné. Je ne cherche pas l’affrontement. Il y a un abcès, il est percé. Il n’y a aucune raison pour que les générations à venir paient pour le passé. L’histoire de la guerre d’Algérie n’est pas encore totalement écrite. Il reste des choses à découvrir y compris sur les massacres de Sétif. Mais je ne discuterai pas avec les gens qui veulent faire de mon film un champ de bataille. Il faut que les plaies se cicatrisent, que les blessures se referment. Mon film doit y contribuer. Mon film ce n’est pas de la politique, c’est du cinéma, comme quand Sergio Leone tourne « Il était une fois l’Amérique ». Il s’appelle « Hors la Loi » parce que dans les archives de l’époque que j’ai épluchées, ce mot revenait toujours à propos des militants du FLN. Et je voulais que ce soit aussi un western. Je voulais dire aux Pieds-Noirs que j’avais été ému par « Le Coup de Sirocco » quand il est sorti. Nous avons chacun une place pour nos histoires dans l’Histoire. Je voulais dire que je n’ai reçu aucune pression du pouvoir algérien pour infléchir mon scénario dans un sens ou dans un autre, ni vécu aucune censure. De même, il est faux de dire que le gouvernement français a tenté d’influencer le Festival de Cannes pour que le film ne soit pas dans la sélection française. En revanche, il y a eu d’autres pressions venant d’ailleurs pour empêcher notre venue à Cannes et je remercie du fond du cœur Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, d’avoir résisté et de nous avoir soutenus. »


Par Thierry Gandillot
Samedi 22 Mai 2010 - 11:21

Les Echos, publié le 21 mai




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